Yaude (1937-2007) Nu au balcon
YAUDE (Jean Duraffourg dit)
(Bellecombe 1937 – Beaumont du Périgord 2007)
Nu au balcon
Huile sur toile
H. 73 cm ; L. 100 cm
Signée en bas à droite. Titrée au dos.
Provenance : Acheté auprès de l’artiste par les derniers propriétaires.
Né dans le Haut-Jura, Jean Duraffourg, dit Yaude – nom de jeune fille de sa mère – mène une trajectoire artistique singulière, entre figuration sensible et stylisation graphique. Après une formation de dessin à Paris dans les années 1950, il participe très tôt à plusieurs salons majeurs, dont le Salon d’Automne, suscitant l’intérêt du critique d’art George Besson. Mais plutôt que de poursuivre une carrière parisienne, Yaude choisit la voie du retrait, d’un ancrage profond, en s’installant définitivement à Beaumont-du-Périgord en 1973.
Le Périgord devient alors son territoire de création. Il n’en peint pas les paysages comme des cartes postales ou des relevés fidèles. Chez Yaude, les villages, les collines, les arbres sont recomposés selon une mémoire sensible. Les formes s’aplanissent, les lignes se simplifient, les couleurs se fondent dans des harmonies douces. La lumière chaude du sud-ouest imprègne son travail sans excès : elle éclaire, mais ne domine jamais. Le Périgord n’est pas un sujet, c’est une présence.
Le dessin demeure au cœur de sa pratique. À l’encre, au crayon ou à la mine, il esquisse et compose ses œuvres avant de les agrandir sur toile. Il trace des silhouettes de maisons, des fragments de toits, des chemins sinueux – autant de signes d’un monde vu, puis distillé dans une économie de moyens très personnelle. Les portraits sont aussi très présents dans son œuvre. Ceux de ses amis et de ses proches, que l’on retrouve parfois dans de très importantes compositions pleines de vie. Dans ce type d’œuvres, l’on retrouve la vision d’autres artistes périgourdins comme Jean Cluseau-Lanauve ou encore Pierre Baudin. Les natures mortes ne sont pas laissées pour compte, et des sujets très périgourdins s’y retrouvent communément.
Son œuvre, largement produite dans l’intimité de l’atelier périgourdin, reste encore aujourd’hui méconnue du grand public. Pourtant, elle déploie une force mêlant attention au réel et distanciation poétique. Elle s’inscrit dans cette tradition discrète des peintres qui choisissent le retrait plutôt que la posture, le silence plutôt que la signature.
Yaude a eu durant sa carrière un lien particulier, presque réfractaire, avec ses galeristes et la reconnaissance de son travail. Il a voulu se faire seul, repousser l’aide qu’on lui portait, jusqu’à refuser la proposition de la famille grand-ducale du Luxembourg, de devenir leur peintre officiel…
Le talent est resté dans son travail, qu’il faut aujourd’hui déployer à nouveau.
Acquise par des collectionneurs périgourdins directement auprès de l’artiste, cette toile fait partie de l’univers du peintre par ses deux sujets principaux : les architectures imbriquées, et les corps.
Ce nu, de dos, évoque en fines rondeurs la volupté des corps et la sensualité qui se dégage des courbes féminines. Placé en observateur d’une observatrice, le peintre ne dévoile que de quoi imaginer les deux scènes : celle que l’artiste a devant lui, au milieu d’un atelier ou d’une chambre, profitant de ce panorama, autant que la scène vue par le modèle, absorbée par un paysage et peut-être quelques scènes de rues.
Epoque : 20ème siècle
Style : Art moderne
Etat : Parfait état
Matière : Huile sur toile
Longueur : 73 cm
Largeur : 100 cm
Référence (ID) : 1786013
Disponibilité : En stock


































