Marcel Loth (1919-2009) Printemps 72 Abstrait Sculpture
Marcel LOTH
(L’Aigle 1919 - Ajat 2009)
Printemps 72
Huile sur bois, et morceaux de bois colés
H. 125 cm ; L. 48 cm
Signée en bas à droite, datée 1972 – Titrée au dos, dédicacée
Provenance : Acquis auprès de l’artiste par M. et Mme Jacques Lagrange en mai 1972.
Autodidacte en peinture, Marcel Loth débute dans les années 1940 par des scènes de rue, des portraits, des paysages urbains ou ruraux, souvent empreints d’un regard précis, parfois ironique, sur le monde. Ses premiers travaux sont figuratifs, animés d’un esprit d’observation qui n’exclut pas une certaine distanciation formelle. Mais c’est dans les années 1950 que sa peinture s’émancipe réellement : au contact des recherches de l’après-guerre, de l’école de Paris, et surtout sous l’influence du peintre Roger Bissière, rencontré dans le cercle artistique périgourdin, Loth bascule progressivement vers une abstraction construite, où la composition prime sur la représentation.
Le lien avec le Périgord, loin de s’effacer, devient plus subtil. Loth ne peint plus des paysages reconnaissables, mais il en transpose les rythmes, les masses, les tensions internes. Les falaises calcaires des Eyzies deviennent des aplats verticaux, les collines s’expriment en courbes tendues, les bourgs en cubes colorés. Ce que l’œil ne distingue plus avec certitude, la mémoire du lieu le recompose. Le Périgord devient alors moins un motif qu’un socle mental : une géographie intérieure.
Sa palette, d’abord douce et terreuse, s’enrichit au fil des années de rouges profonds, de bleus saturés, de verts violents. Loth aime la matière : il la travaille en empâtements, la griffe, la structure. Chaque toile est une construction, presque une élévation architecturale. On y retrouve sa double culture d’architecte et de peintre, dans une fusion rare entre espace bâti et espace pictural. Il ne cède jamais aux automatismes de l’abstraction lyrique ni aux rigidités du géométrisme pur : sa peinture reste vivante, équilibrée, personnelle.
Marcel Loth n’est pas un artiste solitaire. À Périgueux, il fréquente d’autres créateurs qui marquent la vie artistique régionale : Jean Boyé, peintre et professeur, influencé lui aussi par Bissière ; Guy Célérier, attaché à une figuration sensible ; ou encore François Augiéras, écrivain-peintre à la marge. Avec eux, Loth participe à faire du Périgord d’après-guerre un laboratoire d’expériences artistiques modernes, loin de Paris mais en dialogue constant avec les grandes évolutions de son temps.
Ses œuvres, longtemps conservées dans l’ombre d’un atelier discret, sont aujourd’hui redécouvertes pour leur singularité et leur cohérence. Des toiles comme Les Eyzies (1958), Abstraction n°3 (1962) ou Triptyque d’hiver (1960) témoignent d’une maîtrise de la composition, d’un sens profond de la couleur et d’un attachement viscéral au paysage mental de la Dordogne.
Ce qui fait la force de l’œuvre de Marcel Loth, c’est sa capacité à incarner l’abstraction sans jamais rompre avec le réel. Il ne peint pas “contre” la figuration : il en extrait l’essence, il la déconstruit pour mieux la recomposer. Il se tient à la croisée de deux mondes : celui de la structure, de la ligne, du volume ; et celui de la sensation, de la lumière, du lieu.
Le Périgord est ainsi partout présent : non comme un décor, mais comme une mémoire géologique, une gravité, une architecture du regard. Chez Loth, la peinture devient un acte d’enracinement et de liberté — une abstraction qui n’oublie jamais d’où elle vient.
Cet intriguant panneau fait partie d’une série d’œuvres abstraites de Loth créées dans les années 1970. Ces assemblages de bois, d’abord construits vierges de tout couleur, sont ensuite recouverts de la seconde expression artistique du peintre. Ici, la composition peut se lire de haut en bas, débutant par ces trois flèches nous aiguillant vers des lignes de petits monticules sur deux niveaux, parfois barés de petits éléments horizontaux. Le titre « Printemps 72 » doit-il nous apporter une lecture de l’œuvre ? À vous d’y trouver la réponse que vous dicteront vos sentiments !
Lorsque le couple achète l’œuvre auprès de Loth, Jacques Lagrange est conseillé municipal de Périgueux auprès d’Yves Guéna. D’une carrière de photographe pour Sud-Ouest, de cameraman, il se dirige en 1982 vers l’édition en créant Pilote 24, un structure qui a produit les principaux ouvrages d’histoire et du patrimoine périgourdin.
Epoque : 20ème siècle
Style : Art moderne
Etat : Parfait état
Matière : Bois peint
Longueur : 125 cm
Largeur : 48 cm
Référence (ID) : 1780879
Disponibilité : En stock































