Adolphe BOIGEGRAIN (1870-1957) Nature morte aux pensées et aux grés emaillés, HST, Signée
Adolphe BOIGEGRAIN (1870-1957) Nature morte aux pensées et aux grés emaillés, HST, Signée-photo-2
Adolphe BOIGEGRAIN (1870-1957) Nature morte aux pensées et aux grés emaillés, HST, Signée-photo-3
Adolphe BOIGEGRAIN (1870-1957) Nature morte aux pensées et aux grés emaillés, HST, Signée-photo-4
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Adolphe BOIGEGRAIN (1870-1957) Nature morte aux pensées et aux grés emaillés, HST, Signée

Artiste : Nicolas Adolphe Boigegrain (1870-1957)
Adolphe Nicolas Joseph BOIGEGRAIN
Bourbonne-les-Bains 1870 - Le Kremlin-Bicêtre 1957

Nature morte aux pensées et aux grés émaillés
Vers 1905-1910
Huile sur toile
Signée et datée en bas à droite (la date est difficile à lire)
52 x 44 cm
66 x 57 cm avec cadre
Cadre Degas, couleur ivoire
Très bon état, toile d'origine, pas de repeints

Adolphe Boigegrain est un peintre, décorateur et céramiste encore aujourd'hui largement méconnu.
Né à Bourbonne-les-Bains, il part étudier les arts décoratifs dans la nouvelle école des arts industriels de Genève, pour laquelle il demande une bourse au conseil général de Haute-Marne le 23 août 1889. Après son service militaire au 109ème RI en garnison à Chaumont jusqu'en 1894 puis la fin de ses études à Genève, il s'installe à Paris en 1895 changeant souvent d'adresse avant de disposer de son atelier en 1905 au 5, rue Emile Allez, qu'il partage avec son ami, condisciple suisse et peintre décorateur Victor Menu.

En 1905, année du scandale des « fauves » au salon d'automne avec Henri Matisse, André Derain et Maurice de Vlaminck, Adolphe Boigegrain y expose cinq peintures dont Iris et Atelier (le soir) acheté par l'Etat.
Le critique d'art Raymond Bouyer l'y remarque :

« M Maurice Denis, toujours si gentiment primitif, ramène les petits peintres –harmonistes ou simplistes – qui hantent l’arabesque : MM. Bonnard et Vuillard, Ibels, Ranson, Xavier Roussel, Paul Sérusier, F Vallotton. Pareil murmure, plus distinct, dans les « soirs à l’atelier » d’un inconnu, M. Boigegrain, retenez son nom ! »

Il continue à exposer des peintures au salon des indépendants en 1905, 1909 et 1910 avec une certaine reconnaissance de la presse parisienne. Il s'agit principalement de nus et d'intérieurs, dans un style que l'on pourrait qualifier d'intimiste et post-impressioniste, rappelant l'art Nabis de Vuillard et de Bonnard. 

En janvier 1906, il part pour le chantier de la villa Kérilos, à Beaulieu-sur-mer où il seconde Gustave Jaulmes pour la décoration murale. Peut-être s’étaient-ils rencontrés dans les salons parisiens où ils exposaient ou bien ont-ils fait connaissance à Genève, Jaulmes étant natif de Lausanne.
La rencontre de Jaulmes, un des fondateurs de l'Art déco en France avec Louis Süe, André Mare, Paul Véra et André Groult va le conduire à réorienter sa carrière de la peinture vers les arts décoratifs, en particulier les toiles peintes et les céramiques. Il est intéressant de constater que Jaulmes a connu un autre artiste résident à Bourbonne, André Saglio dit Jacques Drésa, grand ami de René Xavier Prinet car ils figurent tous les deux parmi les participants de l'exposition collective « art décoratif » fondatrice du mouvement art déco au salon d'automne de 1913 à Paris. Cependant, nous n'avons pas trouvé d'information sur un lien éventuel entre Drésa et Adolphe Boigegrain.
La participation de Boigegrain au salon des artistes décorateurs au                       pavillon de Marsan en 1911 témoigne de ce virage vers les arts décoratifs. Il va participer à l'aventure des « toiles de Rambouillet » initiée par Gustave Jaulmes avec son ami Victor Menu.
Ces toiles Art déco s'inspirent des toiles de Jouy du XVIIIe siècle, mais avec des décors floraux simplifiés correspondant au goût moderne. Ces toiles vont devenir très appréciées par les critiques épris de nouveautés, en témoigne l'expression de Guillaume Apollinaire dans l'Intransigeant n° 11182 du 25 février 1911 « Je souhaite à ces toiles de Rambouillet la fortune de celles de Jouy ». Exemple de décor de toile de Rambouillet publié par Yvette Vibert dans son article « Grosrouvre et les toiles de Rambouillet » Suite à ce succès, Boigegrain devient sociétaire du salon d'Automne en 1913 après y avoir exposé des toiles de Rambouillet en 1912 avec Gustave Jaulmes et Victor Menu.
Il continue à exposer ces toiles après la guerre, dans les années 1920-1923 en particulier au musée Galliera en 1923. Il entre au capital de la société anonyme des toiles de Rambouillet créée le 29 février 1924 avec Gustave Jaulmes, Victor Menu et Paul Leyat, graveur sur bois d'origine suisse né également en 1870 et peut être rencontré à Genève. De 1922 à 1933, année de ses 63 ans, il dessine des décors pour la manufacture de céramique de Sèvres, tout en continuant la création de tissus d'ameublement pour la société des toiles de Rambouillet.
Il décède au Kremlin-Bicêtre en région parisienne en 1957 à l'âge de 87 ans.

Nous remercions Monsieur Jean-Luc Volatier, amateur et historien de l'art, d'avoir rédigé cette notice.

2 000 €

Epoque : 20ème siècle

Style : Art moderne

Etat : Parfait état

Matière : Huile sur toile

Longueur : 52

Largeur : 44

Référence (ID) : 1777860

Disponibilité : En stock

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