Marcel « Nino » Pajot - La Vénitienne
Marcel « Nino » PAJOT
(Vergt, 1945)
La Vénitienne
Technique mixte sur papier
H. 43 cm ; L. 33 cm
Signée en bas à droite
Dès l’enfance, Marcel Pajot recueille et fait fructifier le don transmis par sa mère, Reine Pajot-Védry, elle-même née à Vergt, dont les modelages et terres cuites portent la marque d’une sensibilité rare et d’une matière habitée. De cet héritage silencieux naît une vocation précoce, presque organique.
Autodidacte, Marcel Pajot façonne son regard au fil des rencontres, dans la proximité d’artistes, amateurs ou confirmés, au sein de l’Atelier de la Société des Beaux-Arts du Périgord, fondé en 1978 par Jean-Daniel Ribeyrol et Paul-André Enard. Là, dans cet espace de partage et d’exigence, il affine une écriture picturale personnelle, faite d’observation et d’intuition.
Lorsqu’en 1981 il expose pour la première fois, dans la simplicité d’un village périgourdin, ce n’est pas tant une entrée en scène qu’une première mise au monde de ses recherches intérieures. Car chez Marcel Pajot, le motif n’est jamais qu’un seuil. Il ouvre sur une quête obstinée de nuances, sur une répétition presque méditative des formes et des tonalités : approfondir le noir jusqu’à l’abîme, atténuer l’or jusqu’au murmure, faire vibrer la lumière dans sa plus fragile intensité.
Ses séries consacrées à Venise et ses festivités en témoignent : la ville n’y est pas décrite, mais dissoute, réinventée dans des jeux et les sujets, comme si elle n’était plus qu’un souvenir en suspens. À l’inverse, la figure de Don Quichotte, à laquelle il revient inlassablement, traverse son œuvre comme une présence obsédante — silhouette errante, fragile et magnifique, incarnation d’une quête impossible et pourtant nécessaire.
Plus rares, ses paysages du Périgord ancrent pourtant son travail dans sa terre. Ils le relient à cette tradition discrète, presque secrète, d’une école du Périgord où la lumière, les masses et les silences comptent davantage que le pittoresque. Ici encore, il ne s’agit pas de représenter, mais de révéler une profondeur, une densité du monde.
Ainsi, sous le prétexte des formes, Marcel Pajot poursuit une interrogation plus essentielle. Il guette le passage des masques, interroge les figures, scrute l’instant où le visible vacille. Et dans cette tension entre apparition et effacement, c’est toujours la condition humaine qui affleure — fragile, incertaine, infiniment émouvante.
Notre grande feuille, issue de cette vaste série vénitienne, est le portrait d’une élégante masquée, aux traits figés par cette face de carton-pâte derrière laquelle l’intimité se cache.
Epoque : 20ème siècle
Style : Art moderne
Etat : Parfait état
Matière : Huile sur papier
Longueur : 43 cm à vue
Largeur : 33 cm à vue
Référence (ID) : 1775180
Disponibilité : En stock






























