Une Poire de Marbre - France, début XXème
Marbre blanc, socle en marbre brun.
En se dépouillant de sa condition biologique, cette poire abandonne le cycle de la décomposition et de la consommation pour entrer dans l'immuabilité du Monde des Idées. Elle n'est plus un objet soumis au devenir héraclitéen – celui où le fruit mûrit, se flétrit et disparaît – mais se dresse plutôt comme l'eidos (l'essence) de la périssabilité. Dans cette sculpture, l'artiste agit comme le démiurge de Platon, ne créant pas à partir de rien, mais contemplant le modèle éternel pour l'imprimer sur la matière malléable, transformant le marbre ou le bronze, substances inertes, en véhicules d'une vérité intelligible.
Ce passage de l'organique au métaphysique s'enracine dans l'essence même de la technè classique. Pour la pensée gréco-romaine, la technique n'était pas une simple dextérité manuelle, mais un savoir-faire permettant de dévoiler (aletheia) l'ordre caché de la nature. En sculptant une rondeur parfaite, cet artiste français du début du XXe siècle a ravivé l'ambition du canon grec : trouver la clé de l'univers dans la mesure et la proportion. À l'instar d'un torse de Polyclète ou de la sobriété d'un autel romain, la « perfection de la synthèse » de cette œuvre nous révèle que la beauté est une propriété inhérente à l'être, une harmonie où le fini rencontre l'infini par une précision volumétrique.
En ce sens, le marbre non seulement épouse la forme, mais se spiritualise. Dépouillé de son « anecdote » – sa saveur, sa texture éphémère, sa finalité utilitaire –, le fruit devient une géométrie sacrée. L'esprit du spectateur, las de la contingence du monde sensible, trouve du réconfort dans cette solidité ; il reconnaît que, dans l'immobilité de ce volume, la technique a su saisir l'« instant éternel ». La matière ne pèse plus, car elle a été rachetée par l'idée, transformant un objet du quotidien en totem de l'ordre universel, où la beauté cesse d'être une stimulation des sens pour devenir une certitude de l'intellect.
Provenance : Collection privée, Madrid.
Dimensions : Vitrine : 15 x 10 x 7 cm
État : Bon état
En se dépouillant de sa condition biologique, cette poire abandonne le cycle de la décomposition et de la consommation pour entrer dans l'immuabilité du Monde des Idées. Elle n'est plus un objet soumis au devenir héraclitéen – celui où le fruit mûrit, se flétrit et disparaît – mais se dresse plutôt comme l'eidos (l'essence) de la périssabilité. Dans cette sculpture, l'artiste agit comme le démiurge de Platon, ne créant pas à partir de rien, mais contemplant le modèle éternel pour l'imprimer sur la matière malléable, transformant le marbre ou le bronze, substances inertes, en véhicules d'une vérité intelligible.
Ce passage de l'organique au métaphysique s'enracine dans l'essence même de la technè classique. Pour la pensée gréco-romaine, la technique n'était pas une simple dextérité manuelle, mais un savoir-faire permettant de dévoiler (aletheia) l'ordre caché de la nature. En sculptant une rondeur parfaite, cet artiste français du début du XXe siècle a ravivé l'ambition du canon grec : trouver la clé de l'univers dans la mesure et la proportion. À l'instar d'un torse de Polyclète ou de la sobriété d'un autel romain, la « perfection de la synthèse » de cette œuvre nous révèle que la beauté est une propriété inhérente à l'être, une harmonie où le fini rencontre l'infini par une précision volumétrique.
En ce sens, le marbre non seulement épouse la forme, mais se spiritualise. Dépouillé de son « anecdote » – sa saveur, sa texture éphémère, sa finalité utilitaire –, le fruit devient une géométrie sacrée. L'esprit du spectateur, las de la contingence du monde sensible, trouve du réconfort dans cette solidité ; il reconnaît que, dans l'immobilité de ce volume, la technique a su saisir l'« instant éternel ». La matière ne pèse plus, car elle a été rachetée par l'idée, transformant un objet du quotidien en totem de l'ordre universel, où la beauté cesse d'être une stimulation des sens pour devenir une certitude de l'intellect.
Provenance : Collection privée, Madrid.
Dimensions : Vitrine : 15 x 10 x 7 cm
État : Bon état
300 €
Epoque : 19ème siècle
Style : Art Nouveau
Etat : Très bon état
Matière : Marbre
Référence (ID) : 1760222
Disponibilité : En stock
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