ESTAMPE JAPONAISE DE YOSHITOSHI : LEVER DE LUNE SUR LE MONT NANPING
Où Cao Cao
Nanpeizan shogetsu - Soso
N°3 De la suite : Tsuki No hyakushi ( Les cent aspects de la lune )
1885
Sceau:Taiso
Graveur : Enkatsu
Oban
nishiki-e
Belle épreuve aux frais coloris.
Cette
estampe s'inspire d'un épisode fameux du Sanguo yanyi, le roman des
Trois Royaumes, récit semi-historique, écrit au xive siècle et toujours
très lu par les Chinois modernes.
Il évoque les guerres civiles qui
déchirèrent la Chine au début du IIIème siècle, lorsque l'empire des Han
se morcela en trois royaumes.
Le personnage principal, Cao Cao (Sösõ
en japonais), était le fils d'un soldat de second rang. Il se fit
connaître en écrasant la révolte des Turbans jaunes en 184. Après avoir
chassé les rebelles de la province du Shandong, dans le nord-est de la
Chine, il chercha depuis cette base à s'emparer du trône impérial - il
échoua, mais son fils devint le premier empereur de la dynastie des Wei.
Cao Cao ne vécut que pour l'intrigue et la traîtrise et bien qu'il
fasse figure d'anti-héros, c'est l'un des protagonistes les plus
séduisants du récit, dépeint comme un homme courageux et déterminé.
On
le voit ici traverser de nuit le Changjiang (le Yangzi ou «Fleuve
bleu»), à la veille de la bataille décisive de la Falaise rouge. A la
tête d'une flotte comptant quelque 830 000 hommes, il se tient à la
proue de son bateau : Yoshitoshi signe une figure d'une admirable
prestance.
Les étoffes volent au vent, la brume tapisse les eaux du
fleuve. La lune surgit au loin derrière la falaise, et deux corbeaux
volent dans le ciel.
Dans le roman, Cao Cao tient un grand banquet à
la veille de la bataille, en compagnie de ses généraux. Importuné par le
croassement de quelques corbeaux, il veut savoir pourquoi les oiseaux
font entendre dans la nuit ce cri de mauvais augure: c'est, lui
répond-on, parce que la pleine lune les empêche de dormir. Passablement
ivre, il balaie le présage funeste en brandissant la grande lance qu'on
lui voit chez Yoshitoshi: il triomphera, clame-t-il, comme il a toujours
triomphé. L'un de ses hommes lui rappelle que les circonstances
imposent la prudence: Cao Cao le tue, puis donne, dans l'atmosphère
soudain devenue lugubre, ses ordres pour la bataille. Ce sera une
défaite cuisante.
Les Japonais cultivés du temps de Yoshitoshi
étaient familiers de tels emprunts à la grande littérature chinoise,
dont l'influence souveraine irriguait la culture nippone depuis des
siècles. Un cinquième des récits illustrés dans la série renvoient à la
Chine.
Dans le cartouche de titre, l'on remarque que le nom de Cao
Cao est soigneusement écrit en caractères chinois classiques, très
réguliers. Selon un dicton chinois, «Qu'on parle de Cao Cao, et Cao Cao
apparaît»
In : CENT ASPECTS DE LA LUNE, John STEVENSON, 2018, Editions Citadelles et MAZENOD
La
suite des « Cent aspects de la lune », inspirée de récits historiques
ou légendaires de la Chine et du Japon, est la plus célèbre série de
Yoshitoshi commencée en 1885 et terminée juste avant sa mort en 1892. A
l'époque déjà, chaque nouvelle estampe publiée était un événement, les
tirages s’épuisant bien souvent dès le matin de leur parution.
- Largeur image : 220.00
- Hauteur image : 330.00
- Largeur Feuille : 250.00
- Hauteur Feuille : 370.00
Epoque : 19ème siècle
Style : Art d'Asie
Etat : Bon état
Matière : Papier
Largeur : 250 mm
Hauteur : 370 mm
Référence (ID) : 1742690
Disponibilité : En stock



























