Giacomo Francesco Cipper, dit il Todeschini, Scène d’auberge avec joueur de bagnole
Giacomo Francesco Cipper, dit il Todeschini (Feldkirch, 15 juillet 1664 - Milan, 17 octobre 1736)
Scène d’auberge avec joueur de bagnole
Huile sur toile, cm 74 x 60
avec cadre, cm 88 x 74
La toile intitulée Scène d’auberge avec joueur de bagnole est une œuvre de la production mûre de Giacomo Francesco Cipper, universellement connu sous le nom de Todeschini. Artiste d’origine autrichienne mais profondément enraciné dans le tissu culturel et figuratif de la Lombardie entre les Six et les Sept-vingts, Cipper se distingue dans cette œuvre pour un récit qui repousse toute forme de pietisme ou de condescendance morale envers ses humbles protagonistes. L’objectif artistique qui ressort avec force de la composition est le rendu lucide et pragmatique de la beauté inhérente à la vie concrète, une esthétique qui se détache nettement du pathos mélancolique typique de beaucoup de ses contemporains pour embrasser une restitution vitale et optimiste de la réalité quotidienne. Dans cette scène, le Todeschini revisite avec originalité la tradition des Bamboccianti, en leur insufflant une dignité presque monumentale qui regarde les expériences de Monsù Bernardo et d’Alessandro Magnasco, tout en maintenant une adhésion absolue à la réalité. La composition est dominée par un groupe de figures apprises dans un moment de pause conviviale : un joueur de bagnole, à gauche, est déterminé à souffler dans son instrument avec une vigueur qui semble presque sortir de la toile, tandis qu’au centre un jeune homme instaure un dialogue silencieux avec les autres clients. Cette physionomie spécifique du jeune homme représente un motif iconographique récurrent dans le catalogue du peintre, que l’on peut retrouver avec des variantes dans différentes toiles de collection privée, confirmant un répertoire de « types » humains étudiés par la vérité et reproduits avec une sagesse technique. Le réalisme de l’œuvre s’étend avec une précision méticuleuse à la définition des objets du quotidien. La carafe en céramique, le pain brisé sur la table en bois brut et les objets d’ameublement qui peuplent la scène ne sont pas de simples accessoires décoratifs, mais des éléments clés d’un récit qui célèbre la matière. Les pinceaux vibrants, typiques de la main du Cipper, construisent les volumes à travers un plasticisme chromatique qui donne corps et poids aux figures, en les immergeant dans une atmosphère clair-obscur où la lumière, bien qu’étant dense, elle définit avec franchise les expressions parfois grotesques et chargées de verve satirique des personnages. Cette approche, qui frôle la licéité théâtrale, trouve un parallèle significatif dans les réformes du théâtre dialectal milanais de l’époque, suggérant une affinité élective entre la peinture de Todeschini et la culture populaire plus authentique. La scène se déroule à l’extérieur de ce qui ressemble à une auberge rurale, avec un décor architectural dominé par une tour cylindrique qui recoupe son profil contre un ciel tacheté par les lumières du crépuscule. Ce détail de paysage, combiné à la présence du chien au premier plan qui observe attentivement le joueur, confère une profondeur spatiale et un sentiment de sérénité quotidienne à l’ensemble de la composition. Les références stylistiques avec d’autres œuvres capitales de l’artiste, comme la scène du marché de la collection Zeri ou les toiles conservées au musée Ala Ponzone de Crémone, sont évidentes dans le traitement des natures mortes et dans le rendu des tissus pauvres mais vibrants de couleur. En définitive, la toile se configure comme un chapitre fondamental de cette peinture de réalité lombarde, capable d’élever le quotidien à la dignité d’art à travers un langage pictural puissant, ironique et profondément humain.
Scène d’auberge avec joueur de bagnole
Huile sur toile, cm 74 x 60
avec cadre, cm 88 x 74
La toile intitulée Scène d’auberge avec joueur de bagnole est une œuvre de la production mûre de Giacomo Francesco Cipper, universellement connu sous le nom de Todeschini. Artiste d’origine autrichienne mais profondément enraciné dans le tissu culturel et figuratif de la Lombardie entre les Six et les Sept-vingts, Cipper se distingue dans cette œuvre pour un récit qui repousse toute forme de pietisme ou de condescendance morale envers ses humbles protagonistes. L’objectif artistique qui ressort avec force de la composition est le rendu lucide et pragmatique de la beauté inhérente à la vie concrète, une esthétique qui se détache nettement du pathos mélancolique typique de beaucoup de ses contemporains pour embrasser une restitution vitale et optimiste de la réalité quotidienne. Dans cette scène, le Todeschini revisite avec originalité la tradition des Bamboccianti, en leur insufflant une dignité presque monumentale qui regarde les expériences de Monsù Bernardo et d’Alessandro Magnasco, tout en maintenant une adhésion absolue à la réalité. La composition est dominée par un groupe de figures apprises dans un moment de pause conviviale : un joueur de bagnole, à gauche, est déterminé à souffler dans son instrument avec une vigueur qui semble presque sortir de la toile, tandis qu’au centre un jeune homme instaure un dialogue silencieux avec les autres clients. Cette physionomie spécifique du jeune homme représente un motif iconographique récurrent dans le catalogue du peintre, que l’on peut retrouver avec des variantes dans différentes toiles de collection privée, confirmant un répertoire de « types » humains étudiés par la vérité et reproduits avec une sagesse technique. Le réalisme de l’œuvre s’étend avec une précision méticuleuse à la définition des objets du quotidien. La carafe en céramique, le pain brisé sur la table en bois brut et les objets d’ameublement qui peuplent la scène ne sont pas de simples accessoires décoratifs, mais des éléments clés d’un récit qui célèbre la matière. Les pinceaux vibrants, typiques de la main du Cipper, construisent les volumes à travers un plasticisme chromatique qui donne corps et poids aux figures, en les immergeant dans une atmosphère clair-obscur où la lumière, bien qu’étant dense, elle définit avec franchise les expressions parfois grotesques et chargées de verve satirique des personnages. Cette approche, qui frôle la licéité théâtrale, trouve un parallèle significatif dans les réformes du théâtre dialectal milanais de l’époque, suggérant une affinité élective entre la peinture de Todeschini et la culture populaire plus authentique. La scène se déroule à l’extérieur de ce qui ressemble à une auberge rurale, avec un décor architectural dominé par une tour cylindrique qui recoupe son profil contre un ciel tacheté par les lumières du crépuscule. Ce détail de paysage, combiné à la présence du chien au premier plan qui observe attentivement le joueur, confère une profondeur spatiale et un sentiment de sérénité quotidienne à l’ensemble de la composition. Les références stylistiques avec d’autres œuvres capitales de l’artiste, comme la scène du marché de la collection Zeri ou les toiles conservées au musée Ala Ponzone de Crémone, sont évidentes dans le traitement des natures mortes et dans le rendu des tissus pauvres mais vibrants de couleur. En définitive, la toile se configure comme un chapitre fondamental de cette peinture de réalité lombarde, capable d’élever le quotidien à la dignité d’art à travers un langage pictural puissant, ironique et profondément humain.
8 000 €
Epoque : 17ème siècle
Style : Autre style
Etat : Bon état
Matière : Huile sur toile
Largeur : 60
Hauteur : 74
Référence (ID) : 1738717
Disponibilité : En stock
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