dans le goût de Fragonard (1732-1806) La courtisane amoureuse Sanguine
dans
le goût de Jean-Honoré
FRAGONARD
(Grasse, 1732 –
Paris, 1806)
La
courtisane amoureuse
Lavis
d’encre brune sur traits de crayon, sur papier vergé
H.
20,5
cm ;
L.
14 cm
Cachet
(probablement contrefait) de la collection Portalis (historiographe
et collectionneur de Fragonard à la fin du XIXème siècle) en bas à
droite
Possiblement
exécuté dans les années 1950
Provenance
: vente à la galerie Charpentier, Paris 8ème,
3 décembre 1959, Tableaux
anciens, collection de Monsieur X,
CP Maurice Rheims, Expert Robert Lebel, lot 31, titré, La
courtisane amoureuse,
comme Fragonard, reproduit en noir et blanc
Bibliographie
: L’œuvre
dessiné de Jean-Honoré Fragonard,
Ananoff, catalogué sous le numéro 2677
Nous présentons ce dessin, plutôt de bonne qualité, à titre de curiosité et de pièce intéressante pour l’histoire de l’art. Il fait sans doute partie des nombreux « faux » Fragonard diffusés sur le marché dans les années 1950-1970 à l’initiative d’Alexandre Ananoff (1910-1992), spécialiste de l’artiste et auteur d’un catalogue raisonné L’oeuvre dessiné de Jean-Honoré Fragonard, composé de quatre tomes, ouvrage à la fois de référence mais comportant aussi de nombreuses inexactitudes, volontaires ou non…
Surnommé « Fragonoff », cet astronome au profil scientifique devint on ne sait trop comment expert en art ancien au milieu des années 1950, avec une spécialisation sur le XVIIIe français, en particulier Boucher et Fragonard, en étant par ailleurs lui-même collectionneur.
Notre dessin, lors de la vente de 1959, faisait partie d’un ensemble de quatre, de dimensions et techniques identiques, ayant pour sujet des illustrations pour les contes de La Fontaine. Ces illustrations sont une des parties les moins connues et les plus complexes de l’oeuvre de Fragonard.
Sur ce sujet, un groupe de 42 dessins à la pierre noire (datant probablement du début des années 1760) se trouve dans une collection particulière ; le Petit-Palais conservant une série de 57 contre-épreuves de ces pierres noires, rehaussées au lavis brun par lui (La courtisane amoureuseétant le N°33 de la série), de mêmes dimensions que notre dessin. Dans le catalogue de la vente de 1959, Ananoff prétendait que les quatre dessins faisaient partie d’une série de dix-huit, répartis dans des collections françaises et américaines. L’historienne de l’art américaine Anne L. Schroder reprenait cette assertion en 1996, suite à l’exposition de 1992, Fragonard et le dessin français au XVIIIèmesiècle dans les collections du Petit- Palais. Selon elle, Fragonard avait utilisé les contre-épreuves du Petit-Palais pour réaliser au moins quatorze, et probablement dix-huit, répliques (dans le même sens) pour des collectionneurs particuliers dans les années 1770 et au début des années 1780. Ensuite, dans les années 1790, jusqu’en 1803, il aurait réalisé onze autres dessins (et probablement davantage, détruits ou non localisés), destinés à être gravés.
La courtisane amoureuseavait fait l’objet d’une gravure par Martial Potemontvers 1880, en sens inverse de notre dessin, qui selon Ananoff, aurait servi de modèle.
La question du cachet de notre feuille, actuellement étudié par la Fondation Custodia, est importante. S’il est authentique, le dessin était bien dans la collection Portalis, et il daterait alors forcément de la fin du XIXème au plus tard et ne serait pas un «Fragonoff» ; s’il s’agit d’une contrefaçon, le dessin pourrait néanmoins être une reprise «ancienne» mais la piste d’un faux des années 1950 serait plus que probable.
Nous remercions Mme Marie-Anne Dupuy-Vachey, spécialiste de Fragonard, pour ses informations concernant le passage en vente de ce dessin en 1959.
Epoque : 18ème siècle
Style : Louis XV - Transition
Etat : Parfait état
Matière : Papier
Longueur : 20,5 cm à vue
Largeur : 14 cm à vue
Référence (ID) : 1734721
Disponibilité : En stock





























