Provenance :
- collection privée, Alsace
Ce vase de Jules Sarlandie, réalisé vers 1925, illustre avec éclat la maturité décorative de l’atelier limousin dans le contexte stylistique de l’Art Déco. D’une hauteur de 18 cm, il adopte une silhouette évasée et tronconique reposant sur une base arrondie, dont la compacité volumétrique accentue la densité ornementale.
L’architecture du vase se distingue par une organisation rigoureusement structurée en registres. La panse est scandée de panneaux trapézoïdaux bordés de frises perlées, encadrant un décor floral en relief d’une grande préciosité. Les fleurs, traitées en émaux translucides et opalescents, présentent des pétales modelés aux nuances bleu pâle, mauve et rose, rehaussés d’accents rouges et cobalt. Ces motifs floraux, stylisés et synthétisés, témoignent d’une sensibilité décorative où la nature est traduite en rythmes géométriques et en aplats colorés, conformément aux recherches décoratives des années vingt.
Le fond, d’un bleu turquoise lumineux, est enrichi d’un subtil miroitement interne dû à l’emploi d’un paillon argent, conférant à la surface une profondeur vibrante. Les bandes verticales inférieures, alternant textures granulées argentées et zones émaillées lisses, instaurent un jeu contrasté entre matité et brillance. Cette opposition tactile et visuelle est caractéristique de la production de Sarlandie à cette période, où la maîtrise technique du cloisonné et de l’émail sur métal atteint un raffinement remarquable.
Le revers révèle la structure métallique soigneusement tournée, laissant apparaître le laiton sous la lèvre, rappel discret du support originel. La base hémisphérique, ornée de pastilles florales en camaïeu rose et bleu sur fond turquoise, prolonge le décor tournant dans une continuité harmonieuse, démontrant une conception globale de l’objet envisagé comme un volume total, sans hiérarchie entre face principale et revers.
Par son équilibre formel, la richesse de ses émaux translucides et l’élégance de son vocabulaire floral stylisé, ce vase s’inscrit pleinement dans l’esthétique Art Déco tout en perpétuant la tradition émaillière de Limoges. Il constitue un exemple particulièrement représentatif — et relativement rare dans ce format compact — du savoir-faire de Jules Sarlandie au milieu des années 1920, moment où l’ornement devient synthèse, lumière et matière précieuse.































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