Madame LEBRUN tient sa fille en robe blanche sur ses genoux, ayant elle-même un châle , une jupe en satin et une large mousseline roulée dans ses cheveux.
Le tout mis en valeur dans un joli cadre en bois doré richement sculpté.
A propos de : Elisabeth-Louise Vigée Le Brun réalise cet autoportrait en compagnie de sa fille âgée de six ans en 1786, sujet qu’elle reprend en 1789. L’artiste se représente, enlaçant Jeanne-Lucie dans un geste de protection et de tendresse maternelle, que le spectateur est invité, par le regard de l’enfant, à contempler. Si la scène relève de la sphère privée et de l’intime, elle s’inscrit dans le contextede valorisation de l’enfant propre au 18ème siècle. Jean-Jacques Rousseau afait paraître L’Emile en 1762. Au-delà de ses qualités à exprimer lessentiments, madame Vigée Le Brun s’affirme comme une artiste cultivée,s’inspirant dans son œuvre de l’attitude des Vierges à l’Enfant du peintreRaphaël (1483-1520), un des grands maîtres de la Renaissance italienne. Enchoisissant d’exposer son autoportrait au Salon de 1787, elle montre ainsi son talent de portraitiste alors que les artistes femmes sont le plus souvent cantonnées dans le genre mineur de la nature morte. Elisabeth-Louise Vigée Le Brun fit une carrière remarquable : reçue académicienne en 1783, portraitiste de la reine Marie-Antoinette (1774-1793), son succès lui permit de s’émanciper de la tutelle masculine et de vivre de son art. (…) elle s’est peinte tenant sa fille dans ses bras. La sérénité repose sur son front, la joie brille en ses yeux : elle triomphe de porter un si précieux fardeau et rend à son enfant tous les sourires qu’elle en reçoit. Une mignardise que réprouve également et les artistes et les amateurs et les gens de goût, dont il n’y a point d’exemplechez les anciens, c’est qu’en riant elle montre les dents, cette affectation est surtout déplacée dans une mère : elle ne compasse point de la sorte ses mouvements et se livre sans mesure à tout l’excès de son tendre enthousiasme.(Barthélemy Mouffle D’Angerville, Lettre I sur le Salon de 1787, dans Bachaumont, Les Salons de Bachaumont , Fabrice Faré ( ed), Paris, Librairie des Arts et métiers, 1995).





































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