Circa 1850 - 1860
France
Paire de rideaux en damas de laine bleu Raymond ou bleu marie Louise datant du début de la période Second Empire. Tissage souple et serré en étamine de laine damassée à généreux dessins de grandes fleurs épanouies et feuillues. Complet de leur passementerie assortie d'une tonalité plus bleu de Prusse sur deux côtés. Cette paire de rideaux impériale est finement molletonnée et doublée d'un coton écrue (salissures à la doublure) avec plis et lien d'attache au sommet.
A noter une réparation de 2 cm sur un rideau, sinon pas de tache ni de trou. Couleur et lustre brillants préservés. Bel état général de couleur et de conservation. Utilisable directement en décoration historique.
Dimensions: 235 cm de haut par 103 cm de large, chaque rideau.
Jean-Michel Raymond (1766-1837) est un célèbre chimiste de la Grande Fabrique Lyonnaise inventeur du Bleu Marie-Louise ou du Bleu Raymond. En janvier 1795, il étudie la chimie à l’École normale supérieure, créée le 30 octobre 1794, dont il est un des premiers élèves. En 1802 il est nommé à Tournon à l’École centrale de l’Ardèche et en novembre-décembre 1803 il est amené à occuper la chaire de chimie de la ville de Lyon, nouvellement créée. À cette époque, le travail de la soie particulièrement développé à Lyon était une priorité impériale. La teinture était « un art utile ». En 1800 un programme de prix est lancé par la Société d’encouragement pour l’industrie nationale « pour éveiller l’industrie nationale sur la fabrication du bleu de Prusse dont les arts font un usage très étendu et se dispenser de payer à l’industrie étrangère un tribut pour sa fabrication ». Jean-Michel Raymond invente les boules de bleu en 1809 et réussit à « fixer une couleur bleue extrêmement riche et foncée, parfaitement insoluble dans l’eau et tellement adhérente à la soie que ni l’eau ni le frottement n’ont plus du tout le pouvoir de l’en séparer ». À la suite du concours lancé par Napoléon le 3 juillet 1810 pour teindre la soie et la laine avec le bleu de Prusse, substitut de l’indigo, Jean-Michel Raymond reçoit à titre d’encouragement le 2 juillet 1811 la somme de 8 000 francs. Le procédé de teinture sera alors répandu dans toutes les teintureries en soie de l’Empire. Le produit, du prussiate de fer, est baptisé tantôt bleu Marie-Louise en hommage à l’impératrice, tantôt bleu Raymond. L’Académie de Lyon déclare « que la mode s’empara avec orgueil de cette belle couleur qui, sous le nom de bleu Raymond, présentait une nuance si distincte et si flatteuse entre bleu céleste et bleu royal ». Extrait du Dictionnaire historique des Académiciens de Lyon.





































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