France
Habit et culotte de cour du Marquis d’Aligre en velours brodé datant du Premier Empire français ou de la première Restauration. Habit à col droit et culotte en velours façonné miniature noir et violet brodé avec la plus grande magnificence. Broderie en soie polychrome au passé plat et point de nœud, en clinquants, paillettes, pastilles et navettes de verre argenté et bleu, de gerbes de fleurs et feuillage stylisés sur le devant, les poches, les basques et le col. Fermeture agrafée sous le col, complet de ses vingt-quatre boutons brodés en pareil en parement. Culotte à pont coordonnée garnie de poches gousset, pattes de jarretières brodées de même. Doublure en satin pour l’habit dont matelassage au niveau des épaules et du dos. Il ne paraît pas certain qu'un gilet de velours assorti ait pu exister avec cet habit, mais plutôt un gilet coordonné d'une autre couleur.
Constat d'état: de très bon à excellent état. Fraicheur et solidité des matières non altérées. Le velors est stable avec quelques marques de pliures. le satin de la doublure est en bon état excepté des déchirures et dans manques sous les aisselles. De rares sequins manquants. La culotte est en bon état, complètes de ses boutons, légères salissures dans la doublure intérieure en lin écru. Dossier photo complet sur demande.
Dimensions: Grande taille pour l'époque. Habit: hauteur 122 cm, épaules 38 cm, hauteur du col 8 cm, poitrine 111 cm, taille 108 cm, manches 75 cm. Culotte: hauteur 80 cm, taille 95 cm, tour de hanche 118 cm.
Provenance : Etienne d’Aligre (1770-1847), 6e marquis d'Aligre, Chambellan de Caroline Bonaparte, reine de Naples (1808 à 1815), dès 1803. Vente Tessier-Sarrou, Paris, 25 mars 2016. Vente Millon, Paris, 24 novembre 2023.
Le marquis d’Aligre, fils d’un ancien premier président au Parlement de Paris, était sous la Restauration un des pairs les plus fortunés de France. Dans ses mémoires, le baron de Frénilly en parle comme d’un “pauvre homme accablé de millions”. Il possédait de nombreuses maisons à Paris, rue d’Anjou et rue d’Astorg, rue Roquépine, rue de Rivoli, rue Saint-Honoré, rue de Clichy, ainsi qu’une demi-douzaine de châteaux dont Baronville (Eure). Sous l’Empire, il comptait parmi les plus gros contribuables parisiens. Sous la Monarchie de Juillet, on lui supposait un revenu annuel de deux millions de francs et à sa mort en 1847, il laissait une succession de plus de quarante-six millions. Extrait de la notice de Raphaël Maraval-Hutin dans le catalogue Millon du 24 Novembre 2023.
Entre 1804 et 1814, le règne de l’Empereur Napoléon 1er favorise le travail des manufactures nationales symbolisé par le Blocus Continental. L’utilisation de la soie, de la laine et du velours, à l’instar des mousselines des Indes, devient dans l’habillement les codes protectionnistes de l’Empire français. A l’image de cet ensemble exceptionnel en velours façonné, la broderie française excelle dans les parements représentatifs de l’Empire. Les dessins d’Augustin André Picot (1756-1822), brodeur des vêtements du sacre de Napoléon 1er, ou de Jean-François Bony (1754-1825) donnent le ton à une plus grande exubérance florale comparée à celle de l’Ancien Régime.





































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