d’essences diverses et incrustations d’os et de bois noirci. Huit pieds boules reliés par deux entretoises en « X », disposés dans le prolongement des montants en gaine.
Il ouvre en façade par un vantail central en décaissé, flanqué de quatre tiroirs.
Le plateau abattable, marqueté de frises de fleurs de lys et de réserves, est centré d’une quartefeuille et découvre trois layettes.
Travail dans le goût du XVIIe, de style Louis XIV , fin XIXème vers 1890-1900. Restauré dans notre atelier , donc en parfait état.
H. 81 cm – L. 96 cm – P. 56 cm
Pour conclure : un superbe meuble (de style, certes) très spectaculaire en excellent état , qui n’a pas subi des restaurations en série liées aux dommages du temps .
3 choses à savoir sur le bureau Mazarin et que vous ignorez probablement ... :
→Au XVIIe siècle, l’usage voulait que l’on s’assoit en angle : un genou sous la surface d’écriture et l’autre au dehors. Le choix de cette position n’est pas un caprice du Grand Siècle mais bien une nécessité : les membres de la noblesse portant l’épée la tenaient toujours sur leur gauche. Pour ne pas rendre inconfortable le temps que ces personnes passaient à leur bureau, il était d’usage de se tenir en angle, l’arme portée à gauche ne venant pas frapper les montants du mobilier. C’est aussi la raison pour laquelle, toujours aujourd’hui, les cavaliers se mettent en selle en s’appuyant sur l’étrier gauche pour enfourcher leur monture.
→ Le bureau « Mazarin » est un des fleurons du mobilier XVIIème. Il n’obtiendra le nom de « Mazarin » qu’a partir du XIXème siècle baptisé ainsi par les antiquaires pour lui donner plus de prestige. En réalité il n’apparaît que vers 1670, bien après la mort du cardinal en 1661. Le plus ancien exemple que nous puissions dater précisément en 1669 et a été réalisé par Pierre Gole (1620-1684) un artisan hollandais devenu ébéniste du roi. Ce meuble comporte généralement deux caissons latéraux de 3 tiroirs soutenus par des entretoises en X ou en H. Un tiroir de ceinture au milieu surmonte un guichet ouvrant ici par un abattant.Le plateau peut être « brisé », c’est à dire qu’il s’ouvre afin de découvrir un espace à écrire lui même composé d’autres tiroirs intérieurs.
→Comme les cabinets de curiosités, le bureau Mazarin était plus souvent une pièce d'apparat qu’un vrai bureau. Il était réservé à une élite et très prisé par la noblesse qui pouvait via la virtuosité des ébénistes traduire la richesse et le pouvoir d’un commanditaire désireux d’exhiber des matériaux précieux.
Attention au piétement des bureaux Mazarin et à leur état :
→ Le bureau Mazarin (fin XVIIᵉ – début XVIIIᵉ) repose sur huit pieds reliés par une entretoise en X ou en H, avec une ceinture très découpée et souvent des tiroirs simulés, associant beaucoup d’éléments fins, peu de grandes sections de bois porteuses , et une structure qui travaille énormément avec le temps . Donc attention aux piétements de ces bureaux car c’est un meuble structurellement audacieux, mais mécaniquement vulnérable.
→ Ce sont des meubles qui ont souvent plus de 300 ans avec des essences de bois magnifiques mais très sensibles aux variations hygrométriques. Avec le temps il n’est pas rare de constater des retraits différentiels , des torsions , un affaissement progressif sous le poids du caisson supérieur .
→ Ce meuble au XVIIème n’a pas été conçu avec nos exigences modernes de stabilité sur plusieurs siècles. C’est un peu le meuble baroque par excellence : superbe, mais capricieux.
Dans notre cas ces problèmes sont inexistants car le meuble est bien moins vieux , assemblé selon des techniques plus modernes (collage à la colle forte sur un bois plus jeune, entretoises moins rigide, absence de greffes maladroites) . Loin de moi l’idée de dénigrer les meubles XVIIème mais il faut savoir qu’ils sont fragiles et souvent ont été restaurés avec plus ou moins de succès suivant le talent de l’ébéniste .
NB : prix incluant le transport en France métropolitaine .


































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