Commode par Charles CRESSENT , vers 1725-1735 , début XVIIIe
Commode par Charles CRESSENT, époque Louis XV vers
1725-1735
Commode en bois de satiné plaqué en chevrons de forme mouvementée en façade et sur les côtés. ouvrant à quatre tiroirs sur deux rangs.
le dessus de marbre anciennement restauré , reposant sur des montants pincés et galbés , terminés par des pieds cambrés, ornementation de bronze doré et ciselé avec chutes, entrées de serrure, pieds en griffe,
avec une marque à l'encre : V. (sous le marbre)
Les bronzes marqués du c couronné (1745 1749)
Par Charles CRESSENT
Époque Louis XV, vers 1725-1735.
H: 79.5 cm. L: 142 cm. P: 58 cm
Nous remercions Monsieur Alexandre PRADERE qui a aimablement confirmé l'attribution de cette commode à Charles CRESSENT.
Expert: Pierre-François DAYOT
CRESSENT Charles
(Amiens, 16 décembre 1685 - Paris, 10 janvier 1768) ébéniste-sculpteur.
Il recherchait les mélanges de bois précieux, rose, amarante et satinés et ses tables étaient garnis de cuivres et de bronzes d'une belle ciselure. Il resta toujours fidèle au style Régence.
Installé rue Notre-Dame-des-Victoires, à Paris, Charles Cressent, dont l'activité couvre les années 1719 à 1757, est l'ébéniste le plus représentatif du style Régence. Pour recenser son oeuvre, puisqu'aucun meuble produit par lui n'a jamais été estampillé, on dispose de plusieurs types de sources. En premier lieu figurent les mentions des commandes les plus prestigieuses qu'il a honorées, pour Philippe, duc d'Orléans, Régent de France de 1715 à 1723, qui fut son principal commanditaire ? dès 1723, Cressent s'intitule « ébéniste ordinaire des Palais de son Altesse royale Monseigneur le duc d'Orléans, Régent du Royaume » ?, pour son fils, Louis, duc d'Orléans, dit le Pieux (1703-1752), pour l'Électeur de Bavière, le prince Charles-Albert (1697-1745) ou pour le roi Jean V de Portugal. Les catalogues de ventes du XVIIIe siècle sont également précieux, tout comme les inventaires de bronzes faits au cours de saisies dans son atelier en 1723, 1733 et 1735. Parmi les catalogues de ventes, signalons celui du mobilier de Marcellin-François-Zacharie de Selle, trésorier général de la Marine, en 1761, qui regroupait toute une section de meubles sous le titre Ouvrage du sieur Cressent, Ebeniste de feu Mgr le Duc d'Orléans, Régent, ou celui d'Augustin Blondel de Gagny, trésorier général de la caisse des amortissements et l'un des six intendants chargés des Menus Plaisirs du roi à partir de 1754. Les inventaires après décès de ses clients sont une autre source, comme celui du conseiller du roi, trésorier général des finances de la Maréchaussée de France et trésorier receveur général des finances de Dauphiné, Emmanuel Gaillard de Gagny (mort en 1759), ou du ministre Jean de Boullongne (mort en 1769). Existent aussi les catalogues des trois ventes successives des collections de tableaux et du stock de meubles de l'ébéniste, en 1748, 1757 et 1765.
Son activité d'ébéniste semble débuter avec son mariage, en 1719, avec Claude Chevanne, veuve de l'ébéniste Joseph Poitou (vers 1680-1719), dont il reprend l'atelier. La commode du musée des Arts décoratifs est caractéristique de l'évolution des formes Régence, déjà transformées par le goût rocaille, avec ses deux tiroirs ouvrant, séparés par une traverse apparente, ses hauts pieds légèrement cambrés et son riche décor de bronzes dorés qui s'enlève sur un placage en frisage de satiné à bandes d'amarante. Elle appartient à un type élaboré par Cressent à la fin des années 1720, qui reprend en le simplifiant les motifs de grandes palmes également attribuables aux années 1735-1750. Le cartouche central, qui unifie les deux étages de tiroirs en atténuant la traverse, adopte un dessin campaniforme en disposant, autour d'une chute centrale de fleurs, deux crosses contrariées, l'une godronnée, l'autre festonnée. Celle-ci comporte à ses extrémités des boutons de tirage qui permettent d'ouvrir le tiroir inférieur. Au niveau supérieur apparaissent des boutons de tirage isolés. Les pieds sont enrichis de griffes en bronze doré. Des baguettes en jaillissent. Elles soulignent les montants dont les sommets antérieurs portent des bronzes au décor quadrillé de fleurettes et une chute de végétation. Deux tiges végétales, naissant aussi des griffes, soulignent la courbe de la ceinture. Au centre de cette dernière, sur les côtés, prend place un décor de coquille. Les montants arrière reçoivent une chute végétale.
Cressent continue néanmoins de privilégier les galbes doux qui appartiennent pleinement au style Régence. Deux autres commodes de Cressent adoptent le même vocabulaire décoratif que l'exemplaire du musée lyonnais, avec ses crosses contrariées, ses chutes de fleurs et ses boutons de tirage : la première appartenait à l'ancienne collection du Boisrouvray ; la seconde, à l'ancienne collection Davis.
Elles sont aujourd'hui dans des collections privées.
Maximilien Durand
MUSÉES- Commode à deux niveaux de tiroirs, Bâti de sapin à fond et tiroirs de bois tendre (aulne ou tremble) rougi, placage de satiné à bandes d'amarante, bronze doré, marbre Campan. - N°MAD1226 - Musée des Arts Décoratifs - Lyon
Epoque : 18ème siècle
Style : Louis XIV - Régence
Etat : Parfait état
Matière : Marqueterie
Longueur : 142 cm
Hauteur : 79,5 cm
Profondeur : 58 cm
Référence (ID) : 1679214
Disponibilité : En stock






































