École française, vers 1770–1790, dans l’entourage deJean-Frédéric Schall, d’après une composition de Jean-Michel Moreau.
Ce tableau illustrant l'histoire de Julie ou La Nouvelle Héloïse de Jean-Jacques Rousseau à partir d’une estampe représente une scène intime emblématique de la Nouvelle Héloïse (IVᵉ partie, lettre2). Saint-Preux, installé au clavecin, accompagne un duo chanté et profite d’un instant où Julie détourne le regard pour baiser la main de Claire. Ce geste discret, presque imperceptible, concentre toute la charge émotionnelle du passage et traduit avec subtilité la complexité des sentiments rousseauistes, entre retenue morale et passion naissante.
La composition se déroule dans un intérieur aristocratique du XVIIIᵉ siècle, soigneusement décrit : clavecin, mobilier élégant, attitudes gracieuses et échanges de regards composent une scène raffinée, caractéristique de l’esthétique des Lumières finissantes.
Jean-Michel Moreau fut l’un des principaux illustrateurs de l’édition complète des Œuvres de Jean-Jacques Rousseau publiée entre 1774 et 1783 à Londres et Bruxelles. Ses gravures, très appréciées dès leur parution, participèrent largement à la diffusion et au succès iconographique de la Nouvelle Héloïse.
Par son sujet et son esprit, cette scène se rapproche étroitement des compositions peintes de plusieurs artistes majeurs de la seconde moitié du XVIIIᵉsiècle, tels que Jean-Frédéric Schall, Pierre-Antoine Baudouin ou Louis-Léopold Boilly, qui ont développé dans leurs tableaux des scènes d’intérieur galantes et sentimentales, souvent liées à la musique, à la littérature et à l’expression subtile des émotions.




























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