Signé Mol…ky (signature partiellement masquée par la main du modèle)
Cadre en loupe d’époquePortrait d'une élégante jeune, vêtue d’une robe blanche à manches bouffantes en mousseline finement brodée. Le visage délicat et presque juvénile se détache sur un charmant paysage où on remarque une maison de campagne en bois Le visage aux carnations nacrées, le regard direct et calme, ainsi que le fini lisse de la peinture, évoquent un portrait intime, destiné au modèle et à la famille.
La coiffure haute, structurée en volumes latéraux, ornée d’une résille noire et d’une fleur, correspond à la coiffure dite « à la girafe », directement issue de l’extraordinaire engouement suscité par l’arrivée en France de la célèbre girafe offerte à Charles X par Méhémet Ali, vice-roi d’Égypte.
Capturée en Afrique orientale, la jeune girafe est acheminée par le Nil jusqu’à Alexandrie, puis embarquée pour Marseille. Arrivée en France à l’automne 1826, elle parcourt ensuite près de 900 kilomètres à pied au printemps 1827, accompagnée notamment par le naturaliste Étienne Geoffroy Saint-Hilaire et ses soigneurs orientaux, suscitant partout une curiosité immense. Présentée au roi à Saint-Cloud, elle est installée au Jardin des Plantes, où elle devient un véritable phénomène.
´Cet événement déclenche une véritable « girafomania » : objets décoratifs, textiles, estampes et surtout mode féminine s’emparent de la silhouette élancée de l’animal. Les coiffures s’élèvent, allongent la ligne du cou et de la tête, donnant naissance à la coiffure « à la girafe », très en vogue entre 1829 et 1835, tant en France qu’en Europe, où des girafes offertes à Londres et à Vienne provoquent des engouements similaires.
Un détail retient aussi l’attention : la jeune femme porte au poignet un bracelet tressé en cheveux, agrémenté d’un fermoir. Ce type de bijou, très répandu au début du XIXᵉ siècle, appartient à la sphère du sentiment et de la mémoire.
Les bracelets et bijoux en cheveux pouvaient être un gage d’attachement amoureux ou conjugal, un souvenir familial ou un bijou de fidélité, parfois lié au mariage.
Ce détail discret renforce l’hypothèse d’un portrait de jeune femme récemment mariée, d’autant plus qu’elle porte également une bague à l’annulaire. Il inscrit l’œuvre dans une culture du sentiment caractéristique de la période post-romantique et du monde bourgeois des années 1830.
Par la précision du dessin, la douceur du modelé, la retenue expressive et l’absence d'effet ce portrait s’inscrit dans l’esthétique Biedermeier, dominante dans les milieux bourgeois d’Europe centrale et des régions germanophones.
Le tableau est signée en bas, la signature, lisible partiellement sous la forme « Mol…ky », étant en partie dissimulée par la main du modèle, ce qui invite à une attribution prudente à un artiste actif vers 1830–1840 en Autriche ou dans ses environs La toile est en très bon état et le cadre est en loupe, très caractéristique de la période.
Dimensions avec le cadre :51x57 cm




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