Tête de cheval nageant
Huile sur papier marouflé sur panneau de bois
39,5 x 30 cm
Vers 1860 / 1870
Nicolas Egorovitch Sverchkov est l’un des plus grands maîtres russes du XIXᵉ siècle spécialisés dans la peinture animalière, et tout particulièrement dans la représentation du cheval, sujet auquel il consacra l’essentiel de sa carrière. Né à Saint-Pétersbourg dans une famille proche de l’administration impériale, il révèle très tôt un sens aigu de l’observation et une capacité exceptionnelle à rendre le mouvement, la structure musculaire et la psychologie animale. Formé à l’Académie impériale des Beaux-Arts, où il obtient rapidement des distinctions, développant un style réaliste, énergique, profondément enraciné dans la tradition picturale russe tout en étant nourri de modèles européens, notamment français.
La réputation de Sverchkov s’impose dès les années 1840 grâce à ses scènes équestres, ses troïkas lancées à pleine vitesse et ses portraits d’animaux, qui rencontrent un immense succès auprès de l’aristocratie russe et de la cour impériale. En 1852, il séjourne à Paris, où il expose au Salon et entre en contact avec des artistes français spécialisés dans le même registre, tels Carle Vernet, Rosa Bonheur ou Alfred de Dreux, dont il partage la sensibilité naturaliste. Cette reconnaissance internationale contribue à renforcer son prestige en Russie : il devient peintre officiel des écuries impériales et réalise plusieurs portraits de chevaux appartenant à l’empereur.
Ses œuvres sont aujourd’hui conservées dans de nombreux musées russes, au premier rang desquels le Musée Russe de Saint-Pétersbourg, le Musée de l’Ermitage, le Musée Tretiakov à Moscou, ainsi que dans diverses collections régionales où figurent troïkas, scènes de chasse, attelages militaires et portraits d’animaux. Ces institutions soulignent la place essentielle de Sverchkov dans l’histoire de l’art russe : il incarne l’un des derniers grands représentants de la tradition équestre académique avant les transformations esthétiques du tournant du siècle.
Notre tableau est notamment en mettre en rapport avec un dessin au sujet similaire daté de 1864.




































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