Déesse à l’enfant – Chypre archaïque – Vers 550 à 500 avant notre ère - Archéologie
Rare statuette votive représentant une déesse à l'enfant (kourotrophé), témoignage exceptionnel de l'art religieux chypriote de l'époque archaïque. Cette sculpture présente les traits stylistiques caractéristiques de la production des grands sanctuaires chypriotes. L'iconographie représente une déesse nourricière portant un enfant, type de la kourotrophé. Le traitement privilégie la frontalité hiératique et la schématisation géométrique propres à l'art archaïque insulaire. La figure porte un voile qui descend le long du corps. Le style témoigne de la convergence des influences égéo-anatoliennes et orientalisantes caractéristiques de Chypre à cette période.
Ces statuettes servaient d'ex-voto déposés dans les sanctuaires insulaires en lien avec les cultes de fécondité et de protection maternelle. Elles étaient offertes à des divinités féminines, probablement des formes locales de la Grande Déesse chypriote. Des exemplaires similaires sont conservés au musée du Louvre (N III 2654, AM 3015, AM 3012, MN 1633, AM 3016, MN 1629, AM 3017), provenant notamment des sanctuaires d'Ayia Irini et de Golgoi.
Elle porte une ancienne étiquette manuscrite fixée sur le devant mentionnant "statuette gauloise, déesse mère, déesse de la fécondité". Bien que cette attribution soit erronée, elle témoigne de l'histoire des collections et des attributions du XIXe siècle, période où les antiquités méditerranéennes étaient parfois confondues avec les productions celtiques. Cette étiquette constitue en soi un document historique sur l'évolution des connaissances archéologiques.
La statuette a été consolidée par une armature moderne et est présentée sur un socle contemporain. Cette œuvre provient de l'importante collection Bessonneau, collection privée française constituée entre la fin du XIXe et le début du XXe siècle, période faste pour la constitution des grandes collections d'antiquités méditerranéennes.
Chypre, période archaïque.
Vers 550 à 500 avant notre ère
Calcaire
H. 20 cm - L. 9,5 cm - Ép. 4 cm
Julien Bessonneau (1842-1916) Issu d’une riche famille d’industriels, Julien Bessonneau développe fortement ses manufactures de tissage de lin et de chanvre, devenant dans les années 1870 le principal industriel d’Angers. À la veille de la Première Guerre mondiale, ses établissements emploient environ un Angevin sur seize. Comme beaucoup de patrons de son époque, il crée des œuvres sociales, dont un club sportif qui deviendra le SCO d’Angers, et participe à l’essor de l’aéronautique avec les célèbres hangars Bessonneau, largement utilisés pendant la guerre. Il possède plusieurs demeures prestigieuses : le château des Brosses près de Saint-Clément-de-la-Place, le château de Mûrs au sud d’Angers, et un grand hôtel particulier au centre d’Angers, ainsi qu’une résidence parisienne rue de Constantine. Grand collectionneur, il réunit une vaste collection d’art : peintures, arts décoratifs, sculptures, objets africains et océaniens, et de nombreuses pièces archéologiques. Son inventaire après décès en 1916 révèle des centaines d’objets antiques (vases chypriotes, grecs, phéniciens, gallo-romains, etc.). Ses achats sont documentés par de nombreuses factures auprès de marchands spécialisés. Après sa mort, ni ses héritiers ni son entreprise ne poursuivent l’enrichissement de cette collection. Une vente importante en 1956 disperse une partie des œuvres.
Epoque : Antérieure au 16ème siècle
Style : Rome et Grèce Antique
Etat : Très bon état
Matière : Pierre
Largeur : 9.5
Hauteur : 20
Profondeur : 4
Référence (ID) : 1659936
Disponibilité : En stock


































