Augustine Lesourd-Delisle (1810-1890) Iris et marguerites butinées par un papillon Angers
Augustine
LESOURD-DELISLE
(Paris
1810 - Angers 1890)
Iris
et marguerites butinées par un papillon
Aquarelle
sur vélin
H. 23,5 cm ; L. 18 cm
Signée en bas : Aug.
Lesourd-Delisle, élève de P.J. Redouté, de Compiègne
Vers
1835
Au-delà de son agrément esthétique, ce dessin est
l’oeuvre d’une artiste engagée, féministe et défenseuse de la
cause animale de la première heure !
Augustine
(fille naturelle de Marie Cavour) reçoit une éducation soignée de
jeune fille de la bourgeoisie. Son beau-père Auguste Lesourd-Delisle
(qui a rencontré sa mère à Paris dans les années 1810, alors
qu’il était employé à la Préfecture), d’origine nantaise et
angevine, l’a adoptée en 1816 et lui a donné son nom. La famille
part vivre à Compiègne en 1826. Le père, qui dirige le canal de
l’Oise, est issu d’une famille de manufacturiers de toiles
florales imprimées, et est passionné de botanique (il reçoit des
ouvrages d’Allemagne) ; ceci expliquant les goûts artistiques
d’Augustine, et notamment son attrait pour la peinture de
fleurs.
Sa rencontre avec Pierre-Joseph Redouté est
probablement à mettre en relation avec l’activité de restauration
au château de Compiègne de l’entreprise Dubois-Redouté, fondée
vers 1805 par Etienne Dubois et un frère de Redouté, et qui réalisa
sous le 1erEmpire des décors à la Malmaison et à Compiègne.
Augustine fréquente donc le cours de dessin de Redouté au Museum
d’Histoire Naturelle de Paris, et ses qualités lui permettent
d’exposer ses aquarelles de fleurs, notamment au Salon de Lille en
1834, à celui de Valenciennes en 1836, et au Salon de Paris en 1835,
1836 et 1838. A cette dernière occasion, elle est d’ailleurs
récompensée par une médaille d’or pour ses Pivoines et roses
trémières.
Cette même année 1838, elle épouse à
Compiègne René-Pierre Girault (1797-1882), industriel originaire du
Maine-et-Loire, où le couple va bientôt s’installer. Augustine
Lesourd-Girault met alors un terme à sa carrière artistique
officielle, au profit d’engagements politiques et sociaux ; son
mari, au-delà de sa passion pour l’agronomie, est en effet un
républicain convaincu, adepte des thèses saint-simoniennes et
fouriéristes.
Elle s’implique d’abord dans la défense des droits des femmes, notamment par rapport aux abus des hommes, et concernant leur accès aux études médicales et leur entrée dans les facultés de médecine. Plus généralement, elle écrit plusieurs articles où elle s’oppose à l’idée selon laquelle les femmes actives devraient renoncer à leur vie de femme et de mère.
Augustine
Girault-Lesourd s’intéresse aussi à la cause animale ; en tant
que membre de la Société protectrice des animaux fondée à Paris
en 1845, elle lutte en particulier contre les maltraitances envers
les chevaux de fiacres parisiens.
Franc-maçonne,
elle participe à de nombreux combats en faveur de la liberté sous
toutes ses formes.
Elle
soutient ainsi l’insurrection de la Pologne contre la domination
russe, en 1863, de même que le Risorgimento de Garibaldi pour
l’unification de l’Italie.
Elle
se mobilise également pour la suppression de l’esclavage aux
États-Unis et elle lance en 1867 dans le journal La
Coopération
une souscription pour offrir une médaille à la veuve du militant
américain John Brown, militant abolitionniste.
Augustine
Girault-Lesourd consacre ses dernières années à la création d’un
orphelinat pour jeunes filles à Angers.
Le
musée des Beaux-Arts d’Angers conserve plusieurs de ses œuvres.
Visible au 45 rue de Penthièvre - Paris 8e
Epoque : 19ème siècle
Style : Louis Philippe-Restauration-Charles X
Etat : Parfait état
Matière : Vélin
Longueur : 23,5 cm à vue
Largeur : 18 cm à vue
Référence (ID) : 1658281
Disponibilité : En stock






























