Huile sur toile, cadre en bois doré.
Très bon état
Cadre 37x32 cm
Belle et intéressante scène d’intérieur représentant une jeune mère assise auprès de son nourrisson dans un foyer bourgeois du début du XIXᵉ siècle.
Sous une apparente simplicité de la vie quotidienne d'une jeune maman, le tableau rassemble une série de détails d’une grande richesse permettant de lire l’œuvre comme un véritable portrait intime d’une mère moderne, attentive, éclairée et inscrite dans les innovations de son temps.
La lampe posée sur la table est une lampe de type Carcel, invention parisienne de 1800 et véritable emblème du progrès domestique. Objet coûteux et perfectionné, fonctionnant à l'huile, elle diffusait une lumière régulière grâce à un mécanisme à ressort placé dans son piédouche. Sa présence situe la scène dans un foyer aisé, sensible aux nouveautés techniques du Consulat et de l’Empire.
À ses pieds, une casserole en argent posée au sol témoigne d’un geste récent : la jeune femme vient d’y tiédir du lait, pratique recommandée dans les traités de puériculture de l’époque.
Sur la cheminée un petit objet en verre posé sur une serviette, en forme de sein attire notre regard: il s’agit très probablement d’un mamelon artificiel en verre, appelé aussi téterelle. Cet objet déjà utilisé à la fin du XVIIIᵉ siècle permettait d’extraire le lait maternel lorsque la mère souffrait du sein ou souhaitait éviter l’allaitement direct.
La bretelle de la robe blanche mal remise sur l'épaule confirme la scène: la mère vient tout juste de recueillir son lait avant de le tiédir et de le donner à la cuillère à son enfant. Il s’agit d’une représentation d’une pratique “hygiéniste” de la maternité, typique des foyers bourgeois éclairés du début du XIXᵉ siècle.
Sur la cheminée également, un petit bouquet de fleurs conservé sous un globe de verre attire le regard. Il s’agit dans doute du bouquet de mariage de la jeune femme, protégé sous un globe en verre.
Ce détail évoque la continuité du foyer et l’union, puis la naissance dans un temps très rapproché du mariage et la fondation de la famille.
Le traitement fin des drapés, la douceur des visages et l’atmosphère évoquent un peintre héritier des styles de Greuze, de Marguerite Gérard ou des peintres de genre du Premier Empire.































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