Tête féminine en marbre finement sculptée, présentant une chevelure ondulée retenue par un ruban lisse (tainia) ceignant la nuque d’une oreille à l’autre. Les lobes, percés à l’origine pour recevoir des pendants métalliques, témoignent des usages antiques de polychromie et d’ornement mixte.
Le visage, légèrement incliné, offre un ovale plein et harmonieux, des yeux non forés (pupilles non incisées), un nez aminci et des lèvres charnues closes. Fragment autonome, issu d’une cassure ancienne au cou. Belle patine mate beige, usure régulière des reliefs, fines égrenures anciennes au nez et au menton, zones cristallines calcitiques naturelles visibles sur la chevelure. Aucun repeint ni ajout moderne. Lecture stylistique claire, à situer entre la fin de l’époque hellénistique et les débuts de la période romaine (IIᵉ–Iᵉʳ siècle av. J.-C.).
Caractéristiques techniques
Culture / période : Monde grec hellénistique tardif / transition romaine, IIᵉ–Iᵉʳ s. av. J.-C.
Type : Tête féminine à tainia (ruban de chevelure).
Matériau : Marbre à grain moyen, veines calcitiques naturelles.
Dimensions : 10,4 × 10,2 × 9,6 cm.
État de conservation : Très bon pour un fragment ancien ; patine continue, cassure ancienne au cou, petites atteintes au nez et au menton ; percements auriculaires d’origine intacts.
Contexte et analyse
À la fin de l’époque hellénistique, l’idéalisme grec se prolonge dans les premiers ateliers romains. Les têtes féminines ceintes d’un tainia — symbole de grâce et de dignité — et munies d’oreilles percées pour des bijoux réels appartiennent à cette tradition où le marbre dialoguait avec le métal.
Ce type, évoquant la déesse, la nymphe ou le portrait idéalisé, fut largement repris durant la période augustéenne, témoignant de la continuité entre modèles grecs et art romain naissant.
Analyse formelle
Coiffure : mèches souples et volumineuses, animées en larges volutes ; tainia bien lisible, couronne continue au revers.
Visage : modelé plein et doux, bouche fermée aux commissures adoucies ; yeux non incisés, caractéristique du style hellénistique tardif.
Oreilles : lobes percés d’origine pour attaches métalliques — indice d’authenticité et d’usage cultuel ou ornemental.
Surface : patine ancienne homogène, abrasions cohérentes sur les reliefs, plages cristallines naturelles ; absence de toute reprise moderne.
Valeur culturelle
Œuvre d’un très beau caractère muséal, représentative du passage esthétique entre Grèce et Rome. L’association du tainia, des lobes percés et du modelé idéalisé inscrit cette tête dans un corpus recherché des collections d’art antique, illustrant la complémentarité des matériaux et la polychromie perdue de la statuaire classique.
Comparaisons et références muséales
Exemplaires comparables conservés :
British Museum : Head of a Woman, « hair bound by a taenia », Iᵉʳ s. av. J.-C.
Brooklyn Museum : Head of a Woman, fillet and pierced ears.
The Metropolitan Museum of Art : têtes féminines hellénistiques (IIᵉ–Iᵉʳ s. av. J.-C.), présentant mêmes traits stylistiques et percements auriculaires.
Provenance et documentation
Ancienne collection privée néerlandaise, acquise avant les années 2000.
Certificat d’authenticité joint.






























Le Magazine de PROANTIC
TRÉSORS Magazine
Rivista Artiquariato