Il est estampillé MIGEON, marque associée à Pierre II Migeon, l’un des plus célèbres marchands-ébénistes de son temps. Héritier d’une dynastie protestante active à Paris dès la fin du XVIIe siècle, Migeon ne se contentait pas de produire des meubles dans son atelier : il orchestrait de véritables ensembles décoratifs, en faisant appel à des vernisseurs, bronziers, tapissiers et marqueteurs de renom, au service d’une clientèle aristocratique française et étrangère.
Ce coffret est bâti en noyer massif, assemblé à queues d’aronde recouvertes, technique hautement qualitative typique des productions soignées.
Sa surface est recouverte d’un vernis noirci à décor doré et polychrome représentant un paysage stylisé : arbres fleuris, reliefs montagneux, pont et feuillages, dans un style empruntant aux laques de Chine et du Japon, alors très en vogue.
Ce type de décor fait écho à la technique du vernis Martin, développée à Paris pour imiter les précieuses laques orientales. Les ateliers de Migeon y faisaient volontiers appel, notamment pour la réalisation de petits meubles, coffrets et objets de luxe dans le goût des chinoiseries.
Le coffret s’ouvre avec maintient du couvercle par compas sur un intérieur teinté ocre, doté d'une cloison a dessus chantournée séparant un espace serre papier d’une table amovible gainée de cuir rouge, faisant vraisemblablement fonction de surface d’écriture. Il s’agit donc très probablement d’un coffret de voyage à courrier ou d’un nécessaire à correspondance, alliant praticité et élégance. Sous la tablette on découvre un petit logement avec un casier amovible en chene monté à queues d'aronde et également teinté ocre jaune
Les bronzes argentés d’origine comprennent une entrée de serrure rocaille, une poignée de transport montée sur le couvercle avec rosaces godronnées ainsi que quatre petits pieds coniques. La serrure est d’époque, fonctionnelle, et s’accompagne de sa clé d’origine en bronze argenté, à tête finement ciselée.
Par son décor, sa facture raffinée, sa signature rare et sa fonction délicate, ce coffret s’inscrit dans les productions de luxe parisien du milieu du XVIIIe siècle. Il reflète le rôle essentiel des marchands-merciers comme Migeon, véritables chefs d’orchestre du goût, qui réunissaient les meilleurs artisans pour composer des objets d’exception à destination des élites cultivées.
Ensemble complet et dans un bel etat de conservation malgré des usures manques et reprises ainsi qu'une petite fente sur le dessus, défaut inhérents à un objet usuel du XVIIIeme siecle




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