Très belle sculpture à l'antique en porphyre rouge , représentant un empereur romain non identifié, selon les canons classiques de la statuaire romaine. Le personnage représenté rappelle les portraits d’empereurs tels qu’Hadrien ou Marc Aurèle, bien que l'identité exacte du personnage demeure ouverte à l'interprétation. Il arbore une expression solennelle, soulignée par un visage finement barbu, une chevelure travaillée en mèches courtes et régulières, et un regard à la fois serein et autoritaire. La tunique et le paludamentum sont harmonieusement drapés sur les épaules, avec un sens aigu du relief et du détail.Le porphyre impérial – un matériau d’un rouge profond constellé de cristaux blancs – provient exclusivement de la carrière de Mons Porphyrites en Égypte, exploitée dès l’époque romaine sous Domitien. D’une dureté extrême, cette roche volcanique ne pouvait être travaillée que par les artisans les plus expérimentés, au prix d’un labeur considérable. C’est précisément cette rareté, combinée à sa couleur évoquant le sang et la pourpre – symbole de souveraineté – qui fit du porphyre un matériau réservé aux représentations des empereurs, aux sarcophages impériaux, ou aux éléments architecturaux des palais et édifices sacrés. La carrière ayant été épuisée au Vème siècle après JC, tous les objets en porphyre réalisés après l’Antiquité — notamment à Byzance, durant la Renaissance ou à l’époque napoléonienne — proviennent nécessairement de blocs extraits durant l’époque romaine, récupérés et réemployés au fil des siècles.
Ce buste s’inscrit dans la tradition des souvenirs du Grand Tour, ce long voyage initiatique effectué du XVIIe au XIXe siècle par les jeunes aristocrates européens, principalement britanniques, à travers la France, l’Italie et la Grèce. Le Grand Tour visait à parfaire leur éducation humaniste par la découverte des chefs-d’œuvre de l’Antiquité, de la Renaissance et des Lumières. De nombreux voyageurs ramenaient alors des antiquités, des moulages ou des copies, constituant des collections érudites qui ornaient les bibliothèques et salons. Ce buste témoigne de ce goût néoclassique et de l'intérêt porté à la civilisation romaine.




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