Cette armoire en noyer, d’une grande élégance, illustre le raffinement de l’ébénisterie francilienne du début du XVIIIᵉ siècle. La façade, à deux portes moulurées et cintrées, est animée d’un jeu de panneaux en relief dont les courbes en accolades rythment la surface avec harmonie. Les côtés, à traverses et panneaux moulurés en retrait, traduisent le soin apporté à l’ensemble de la structure.
La corniche, en chapeau de gendarme, au profil galbé et mouluré, couronne la composition avec une noble ampleur. L’intérieur, compartimenté en quatre étagères et une penderie (ajout postérieur en chêne), témoigne d’un usage fonctionnel et d’une adaptation progressive aux besoins domestiques.
Le meuble porte deux estampilles « I. Martiny », apposées sur les traverses supérieure et inférieure de la façade. Cet artisan, non répertorié dans les registres connus d’ébénistes et menuisiers du XVIIIᵉ siècle, pourrait appartenir à un atelier local de l’Île-de-France, actif dans la première moitié du siècle.
Attribution et hypothèse sur l’ébéniste
L’estampille “I. Martiny”, bien que non documentée, invite à une réflexion sur la production régionale de l’époque.
Plusieurs hypothèses peuvent être envisagées :
- un ébéniste indépendant francilien, non reçu maître mais travaillant pour un atelier agréé ;
- un menuisier en meubles rural ayant adopté l’usage de l’estampille après 1743 (réglementation du corps des menuisiers-ébénistes), pratique rare mais attestée dans certains ateliers provinciaux ;
- ou encore un artisan de cour ou de maison noble, dont la signature servait de garantie de qualité sans appartenance à la corporation parisienne.
Quelle que soit son origine, la qualité de l’exécution, justesse des assemblages, équilibre des proportions, régularité des moulures, témoigne d’un savoir-faire maîtrisé et d’une production destinée à une demeure de haut rang.
Les ferrures d’origine, crémone, serrure, clé et gonds tournés , sont en fer forgé, finement découpé et martelé. Leur qualité et leur patine ancienne confirment l’authenticité du meuble.
L’assemblage à tire-fond, dit système versaillais, permet un démontage aisé, pratique utilisée à l’époque pour le transport dans les demeures aux escaliers étroits, notamment dans les résidences seigneuriales.
L’ensemble, d’une belle patine blonde, présente des restaurations anciennes et se distingue par un excellent état de conservation.
Le travail se rattache à la tradition des grands ateliers régionaux influencés par la cour de Versailles, alliant équilibre des volumes, qualité des moulurations et maîtrise du décor sobre mais expressif.
Dimensions : H. 246 cm ; L. 165 cm ; P. 75 cm
Certificat d’authenticité – Livraison adaptée




































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