Coupe et Présentoir en Émail de Canton, Anses Dragons, Huit Emblèmes Bouddhiques, Fin XVIIIe
Coupe et Présentoir en Émail de Canton, Anses Dragons, Huit Emblèmes Bouddhiques, Fin XVIIIe-photo-2
Coupe et Présentoir en Émail de Canton, Anses Dragons, Huit Emblèmes Bouddhiques, Fin XVIIIe-photo-3
Coupe et Présentoir en Émail de Canton, Anses Dragons, Huit Emblèmes Bouddhiques, Fin XVIIIe-photo-4
Coupe et Présentoir en Émail de Canton, Anses Dragons, Huit Emblèmes Bouddhiques, Fin XVIIIe-photo-1
Coupe et Présentoir en Émail de Canton, Anses Dragons, Huit Emblèmes Bouddhiques, Fin XVIIIe-photo-2
Coupe et Présentoir en Émail de Canton, Anses Dragons, Huit Emblèmes Bouddhiques, Fin XVIIIe-photo-3
Coupe et Présentoir en Émail de Canton, Anses Dragons, Huit Emblèmes Bouddhiques, Fin XVIIIe-photo-4
Coupe et Présentoir en Émail de Canton, Anses Dragons, Huit Emblèmes Bouddhiques, Fin XVIIIe-photo-5
Coupe et Présentoir en Émail de Canton, Anses Dragons, Huit Emblèmes Bouddhiques, Fin XVIIIe-photo-6
Coupe et Présentoir en Émail de Canton, Anses Dragons, Huit Emblèmes Bouddhiques, Fin XVIIIe-photo-7
Coupe et Présentoir en Émail de Canton, Anses Dragons, Huit Emblèmes Bouddhiques, Fin XVIIIe-photo-8

Coupe et Présentoir en Émail de Canton, Anses Dragons, Huit Emblèmes Bouddhiques, Fin XVIIIe

Artiste : Canton

Plus qu'une tasse et sa soucoupe, voici un ensemble pensé d'un seul tenant, où la forme, la technique et le symbolisme se répondent. Une petite coupe à vin munie de deux anses creuses en forme de dragons chilong stylisés se loge dans le puits surélevé, en forme de fleur, de son présentoir. Ce type de coupe sur présentoir à puits central est connu par des pièces de cour de l'époque Qianlong : le Musée du Palais de Pékin conserve une coupe à anses dorées et un plat dont le centre s'élève en un puits destiné à la recevoir, tous deux en émail peint sur or et marqués Qianlong.


Technique. Émail peint sur cuivre (hua falang), dit « émail de Canton ». Le cuivre recevait un fond blanc, puis des émaux colorés, avec plusieurs cuissons successives ; un seul accident de four anéantissait tout le travail. Le rose de la palette était obtenu à partir d'or.


Les anses. Chacune est assemblée à partir de deux demi-coques symétriques, formées par pression, ajustées avec précision et jointes si solidement qu'elles tiennent depuis plus de deux siècles ; les deux anses sont identiques. Une anse fondue eût été plus simple et moins coûteuse : l'artisan a choisi la voie la plus longue. Creuses, elles allègent l'ensemble (coupe 81 g, présentoir 141 g) et conduisent moins la chaleur. Montées avant la cuisson, elles laissent l'émail passer sans rupture de l'anse au corps de la coupe.


Rareté. Les anses creuses assemblées en forme de chilong sont exceptionnellement rares dans l'émail de Canton. Le seul parallèle publié que nous connaissions est une coupe à deux anses en émail de Canton d'époque Qianlong (1736-1795), aux anses en chilong stylisés, vendue par Guest and Gray, membre de la British Antique Dealers' Association.


Iconographie.


Au fond de la coupe, le signe bouddhique wan 卍, emblème sacré employé ici dans son sens religieux originel. En chinois, ses deux formes symétriques sont des variantes du caractère 萬, « dix mille » ; dans le bouddhisme, c'est le sceau du cœur du Bouddha, en Chine un signe de longévité sans fin. Ses branches s'achèvent en volutes, comme des nuées de bon augure.

Au centre du présentoir, le caractère rond shou 壽, « longévité », rouge de fer sur médaillon jaune, cerné de pétales roses.

Réunis, ils forment wan shou 萬壽, « dix mille ans de longévité ». Coupe en place, wan se trouve exactement au-dessus de shou : le vœu ne s'accomplit que si les deux pièces sont réunies. C'est la formule même des services à vin impériaux : le Musée du Palais conserve une coupe et un plat en or dont les anses sont ajourées des caractères wan shou et wu jiang (« sans limite »), le centre du plat formant un support surélevé pour la coupe. Le musée estime qu'ils servaient aux anniversaires impériaux au milieu de l'époque Qing.

Les Huit Emblèmes bouddhiques (bajixiang), série complète répartie entre les deux pièces. Sur le présentoir : la Roue du Dharma (l'enseignement), la Conque (la voix du Dharma), le Parasol (protection et dignité), le Nœud sans fin (l'interdépendance de toute chose). Sur la coupe : le Dais (la victoire de la sagesse sur l'ignorance), le Lotus (la pureté née intacte de la vase), le Vase (l'abondance) et la Paire de poissons (la liberté dans l'océan de l'existence).

La paire de poissons, aux yeux ronds et à l'air réjoui, bouches reliées par un ruban, en est le personnage le plus attachant. Ils évoquent aussi le bonheur conjugal et la fécondité, et le mot « poisson », yu 魚, se prononce comme yu 餘, « surplus » : que chaque année apporte l'abondance.

Bordures : sous la coupe, une frise de pétales de lotus, comme un objet sacré sur un trône de lotus ; au bord, un feston à pendeloques ; à l'intérieur, des volutes de nuages bleus ; sur l'aile du présentoir, un rinceau feuillagé serré.


Commanditaire. Une série complète des Huit Emblèmes, délibérément répartie entre deux pièces et associée au rébus wan shou, n'est pas un décor de hasard. Elle a été conçue par quelqu'un qui maîtrisait le langage des symboles, pour un possesseur capable de la lire en entier. Jointe à une technique exigeante, elle désigne un commanditaire aisé et lettré ; le thème de la longévité suggère un cadeau d'anniversaire, sans que cela puisse être prouvé.


Rare dès sa création, l'ensemble l'est devenu plus encore : les anses creuses sont fragiles, et la coupe et son présentoir nous sont parvenus ensemble. Comme le dit le proverbe chinois, 好货不便宜 : une belle chose n'est jamais bon marché.


Attribution : Chine, Canton (Guangzhou), dynastie Qing, fin du XVIIIe siècle

Matériaux : cuivre, émaux peints, restes de dorure

Dimensions : présentoir Ø 12,4 cm, H 2 cm ; coupe H 5,2 cm, Ø 6,9 cm, largeur aux anses 11,8 cm

Poids : coupe 81 g ; présentoir 141 g


État : Très bon état pour l'âge. Émail stable, sans écaillage ni fêlure (contrôle aux UV), aucune restauration décelée ; fin craquelé naturel de surface au revers du présentoir.


Coupe : petit manque d'émail d'environ 4 mm à la base d'une anse ; éclat de la taille d'une tête d'épingle à l'intérieur ; émail usé le long des jointures des anses, où l'assemblage des deux demi-coques est visible.

Présentoir : très légère déformation du bord d'un côté, à peine visible ; jointure de fabrication visible sur la bague de pied en cuivre.

Bords et bagues de pied : usure naturelle et restes de dorure.


Les photographies font partie intégrante de la description ; nous vous invitons à les examiner attentivement. L'ensemble sera emballé avec le plus grand soin et expédié en envoi suivi et assuré.


2 500 €
credit

Epoque : 18ème siècle

Style : Art d'Asie

Etat : Parfait état

Matière : émail

Référence (ID) : 1828779

Disponibilité : En stock

Imprimer fiche

Recevez notre newsletter

facebook
instagram

Gillers Antiques
Coupe et Présentoir en Émail de Canton, Anses Dragons, Huit Emblèmes Bouddhiques, Fin XVIIIe
1828779-main-6ab9fed6f3bbd.jpg

+44 7738009924



Un message de confirmation vous sera envoyé par info@proantic.com.
Vérifiez votre messagerie, y compris le "courrrier Indésirable".