Lorenzo Colomo y Arquello (1950) - Mon Lapin et Moi
Huile sur toile. Toile originale. Signée à la main.
Cette petite fille en tulle bleu, immortalisée à l'huile avec la précision pastel des familles sans soucis financiers mais en manque d'imagination, arbore le regard grave de celle qui ressent déjà le poids de l'héritage. Dans ses petites mains soyeuses, elle serre un lapin en peluche rose aux proportions d'éléphant, un monstre criard dont la bourgeoisie des années soixante-dix tentait d'adoucir l'enfance de ses enfants pour masquer l'odeur de naphtaline. C'est l'époque de la Seat 124 garée devant la maison et du rideau en crochet dans le salon, mais ici, il y a une prétention de lignée, une image aristocratique d'un appartement de trois cents mètres carrés du quartier de Salamanca. L'enfant pose sérieusement, telle une infante de Velázquez aplatie par de la barbe à papa, transformée en trophée de parents qui ont préféré commander une toile à l'artiste en vogue plutôt que de passer un après-midi au parc avec elle.
Pauvre petite fille riche, protégée du monde par une fourrure fuchsia et une épaisse couche de peinture à l'huile qui la préserve de la réalité. Personne ne lui avait dit alors que ce stupide lapin en peluche souriant serait son seul rempart avant de plonger dans l'abîme de l'âge adulte : divorces chics, névroses mondaines et séances chez le psychanalyste pour comprendre pourquoi le bonheur avait une odeur de térébenthine. Un sarcasme involontaire se lit sur la surface vernie de cette toile, la tragédie intime de l'opulence espagnole qui croyait, en offrant à la fillette un animal gigantesque et disproportionné, l'immuniser contre le chagrin d'amour. La petite fille est toujours là, prisonnière de 1973, serrant son monstre rose contre elle comme on s'accroche à une bouée de sauvetage au beau milieu d'un banquet de mariage.
- Dimensions de l'image sans cadre : 65 x 80 cm / 81 x 96 cm avec cadre sur mesure exclusif.
Cette petite fille en tulle bleu, immortalisée à l'huile avec la précision pastel des familles sans soucis financiers mais en manque d'imagination, arbore le regard grave de celle qui ressent déjà le poids de l'héritage. Dans ses petites mains soyeuses, elle serre un lapin en peluche rose aux proportions d'éléphant, un monstre criard dont la bourgeoisie des années soixante-dix tentait d'adoucir l'enfance de ses enfants pour masquer l'odeur de naphtaline. C'est l'époque de la Seat 124 garée devant la maison et du rideau en crochet dans le salon, mais ici, il y a une prétention de lignée, une image aristocratique d'un appartement de trois cents mètres carrés du quartier de Salamanca. L'enfant pose sérieusement, telle une infante de Velázquez aplatie par de la barbe à papa, transformée en trophée de parents qui ont préféré commander une toile à l'artiste en vogue plutôt que de passer un après-midi au parc avec elle.
Pauvre petite fille riche, protégée du monde par une fourrure fuchsia et une épaisse couche de peinture à l'huile qui la préserve de la réalité. Personne ne lui avait dit alors que ce stupide lapin en peluche souriant serait son seul rempart avant de plonger dans l'abîme de l'âge adulte : divorces chics, névroses mondaines et séances chez le psychanalyste pour comprendre pourquoi le bonheur avait une odeur de térébenthine. Un sarcasme involontaire se lit sur la surface vernie de cette toile, la tragédie intime de l'opulence espagnole qui croyait, en offrant à la fillette un animal gigantesque et disproportionné, l'immuniser contre le chagrin d'amour. La petite fille est toujours là, prisonnière de 1973, serrant son monstre rose contre elle comme on s'accroche à une bouée de sauvetage au beau milieu d'un banquet de mariage.
- Dimensions de l'image sans cadre : 65 x 80 cm / 81 x 96 cm avec cadre sur mesure exclusif.
750 €
Epoque : 20ème siècle
Style : Autre style
Etat : Très bon état
Matière : Huile sur toile
Référence (ID) : 1813071
Disponibilité : En stock
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