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Gen Paul, Eugène Paul dit, sous le pseudonyme Paul Trelade, La Maison de Mimi Pinson, rue du Mont-Cenis à Montmartre, vers 1920.
Belle eau-forte et aquatinte en couleurs représentant un ensemble de maisons anciennes de la Butte Montmartre, traditionnellement désigné comme la Maison de Mimi Pinson. La composition montre une cour ou un passage irrégulier bordé de modestes constructions aux façades usées, dominées par un enchevêtrement de toitures, de lucarnes et de hautes cheminées.
Le regard est conduit depuis le sol pierreux du premier plan vers les volumes resserrés des maisons. Les façades, les tuiles et les murs lézardés sont décrits par un réseau très dense de traits, de hachures et de morsures. Les noirs profonds des bâtiments latéraux encadrent les tonalités plus lumineuses de la maison centrale, éclairée par des nuances d’ocre, de rose et de brun rouge.
L’aquatinte apporte au ciel et aux murs de délicates surfaces bleu-gris, alors que l’eau-forte précise les tuiles, les fissures des enduits, les fenêtres, les cheminées et la végétation dénudée, mais aussi la modestie des cours, des maisons anciennes et des passages populaires qui formaient encore le paysage de la Butte au début du XXe siècle.
L’œuvre porte au crayon, dans la marge supérieure gauche, l’inscription « Maison de Mimi Pinson ». Elle est signée au crayon en bas à droite « Paul Trelade », pseudonyme employé par Eugène Paul durant sa première période. Initié à la gravure par Eugène Delâtre vers 1919-1920, Gen Paul réalisa alors plusieurs petites vues montmartroises en aquatinte, souvent non numérotées et tirées selon la demande.
Cette estampe est bien documentée sous le titre La Maison de Mimi Pinson, rue du Mont-Cenis. Des exemplaires de dimensions voisines, environ 22 × 15,6 cm, sont passés en ventes publiques sous le nom de Paul Trelade dit Gen Paul. Elle appartient à un petit ensemble de vues anciennes de Montmartre comprenant notamment Le Lapin Agile et le Bal Debray. Peu d’exemplaires apparaissent sur le marché, ce qui renforce l’intérêt documentaire de cette première production gravée de l’artiste
Mimi Pinson est à l’origine une figure littéraire créée par Alfred de Musset dans la nouvelle Mademoiselle Mimi Pinson, profil de grisette, publiée en 1845. La jeune ouvrière parisienne, pauvre mais indépendante, joyeuse et attachée à sa liberté, devint rapidement l’une des incarnations les plus célèbres de la grisette romantique. La chanson insérée dans le récit contribua largement à la diffusion du personnage.
La maison de la rue du Mont-Cenis associée à Mimi Pinson appartient davantage à la légende montmartroise qu’à la biographie d’un personnage réel. La grisette de Musset est une création littéraire, mais Montmartre lui attribua une demeure, transformant le lieu en souvenir poétique du Paris populaire du XIXe siècle. Certaines sources indiquent également que la maison aurait ensuite accueilli le peintre Kees van Dongen avant sa destruction en 1925.
Cette même rue du Mont-Cenis fut liée à Hector Berlioz, qui y résida réellement. Le rapprochement entre la maison de Berlioz et celle, légendaire, de Mimi Pinson participa à la construction d’une géographie romantique de Montmartre, mêlant souvenirs historiques, littérature et culture populaire. Cette association a d’ailleurs fait l’objet d’une étude intitulée De la maison de Berlioz à celle de Mimi Pinson : images fin-de-siècle de la rue du Mont-Cenis à Montmartre.
Au tournant du XXe siècle, le compositeur Gustave Charpentier donna une nouvelle dimension sociale au personnage. Après le succès de son opéra Louise, consacré au monde ouvrier et artistique de Montmartre, il fonda en 1900 l’Œuvre de Mimi Pinson, puis en 1902 le Conservatoire populaire de Mimi Pinson. Cette institution proposait gratuitement aux jeunes ouvrières une initiation au chant, à la musique, à la danse et aux spectacles, domaines jusque-là davantage accessibles aux jeunes filles de la bourgeoisie.
La gravure de Gen Paul réunit ainsi plusieurs strates de l’imaginaire montmartrois : la grisette de Musset, le souvenir musical de Berlioz, l’action populaire de Gustave Charpentier et les vieilles maisons de la Butte menacées par les transformations urbaines.
eau-forte et aquatinte en couleurs sur papier.
vers 1910.
32,5 × 25 cm. Dimensions du coup de planche : 21,8 × 16 cm.
Inscriptions : titrée au crayon « Maison de Mimi Pinson » dans la marge supérieure gauche et signée « Paul Trelade » au crayon dans la marge inférieure droite.
État : gravure en bon état général. L’image et les couleurs sont bien conservées. Présence de mouillures anciennes, d’auréoles et de quelques petites taches dans les marges, particulièrement dans la partie supérieure. Ces altérations périphériques n’affectent pas de la lecture de la composition. Feuille légèrement ondulée et petites marques d’usage, voir photos.
Epoque : 20ème siècle
Style : Art Nouveau
Etat : Bon état
Référence (ID) : 1799931
Disponibilité : En stock


































