Garniture de cheminée « L'Amour et le coq », accompagnée de figures bachiques – XIXᵉ siècle.
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Garniture de cheminée « L'Amour et le coq », accompagnée de figures bachiques – XIXᵉ siècle.

Cette élégante garniture de cheminée témoigne du remarquable renouveau que connurent les arts décoratifs français au cours de la seconde moitié du XIXᵉ siècle, période durant laquelle les grands bronziers et éditeurs parisiens réinterprétèrent les chefs-d'œuvre du XVIIIᵉ siècle. Plus qu'une simple garniture d'horlogerie, cet ensemble constitue une véritable synthèse des grands courants artistiques hérités des règnes de Louis XV et de Louis XVI, associant l'allégorie, le répertoire bachique et le raffinement du bronze d'ameublement français.

Composé d'une pendule borne accompagnée de sa paire de candélabres, l'ensemble associe avec harmonie le bronze doré finement ciselé, le bronze à patine brune et le marbre blanc.

La pendule adopte une élégante architecture de forme borne reposant sur une base en marbre blanc moulurée, soulignée de rangs de perles en bronze doré et portée par quatre pieds tournés. Son décor emprunte directement au vocabulaire ornemental de la fin du XVIIIᵉ siècle. Il se compose de rangs de perles, d'une frise de postes, d'une frise de feuilles de laurier entrelacées, de cannelures, de culots de feuilles d'eau et de rameaux de feuilles d'olivier finement ciselés encadrant le cadran. L'ensemble est complété par des rinceaux et des feuillages inspirés du répertoire antique, caractéristiques du goût néoclassique.

Le cadran circulaire en émail blanc, conservé dans son état d'origine, présente des chiffres arabes noirs entourés d'un délicat décor de guirlandes fleuries polychromes peintes à la main, reliant les heures par de fines chaînettes ponctuées de petits bouquets. Ce décor d'une grande finesse illustre le soin apporté à ces productions françaises de belle qualité. La pendule conserve également ses aiguilles ajourées d'origine.

Le véritable sujet de cette pendule réside dans son remarquable groupe sculpté. Dominant le cadran, un coq en bronze doré trône avec majesté au sommet de la composition. À ses côtés, un Amour ailé en bronze patiné prend appui sur une pile de livres afin de s'élever jusqu'à lui et de l'enlacer dans un geste empreint de douceur et de mouvement.

Cette scène invite naturellement à une lecture allégorique. Les livres, attributs traditionnellement associés au savoir, aux arts et à l'instruction dans les arts décoratifs du XVIIIᵉ siècle, permettent ici à l'Amour d'atteindre le coq. Celui-ci peut être interprété comme une évocation de la vigilance et du renouveau du jour, mais également, selon une lecture développée au XIXᵉ siècle, comme une représentation symbolique de la France. Sans imposer une interprétation unique, cette composition associe avec subtilité l'amour, la culture, la connaissance et les valeurs héritées du siècle des Lumières.

Le thème de l'Amour associé au coq apparaît dès le XVIIIᵉ siècle dans l'horlogerie parisienne. Il trouve notamment un remarquable précédent dans une pendule réalisée vers 1766-1770 par le bronzier Jean-Louis Prieur, aujourd'hui conservée au musée du Louvre. Notre pendule ne constitue pas la reproduction de cette œuvre, mais s'inscrit dans cette filiation artistique en proposant une interprétation renouvelée adaptée au goût néoclassique du XIXᵉ siècle.

Les deux candélabres reprennent les mêmes matériaux et le même vocabulaire décoratif. Ils reposent sur des bases circulaires en marbre blanc ornées de rangs de perles et supportent deux élégants bras de lumière en bronze doré, à enroulements végétaux richement ciselés, terminés par des binets cannelés et des bobèches décorées de feuilles d'eau.

Les figures en bronze patiné représentent une jeune bacchante et un jeune faune coiffés de couronnes de pampres. La jeune bacchante conserve des pieds humains tandis que le jeune faune présente des membres inférieurs terminés par des sabots fourchus, attribut caractéristique de l'iconographie bachique. Le modelé souple des corps, les attitudes pleines de mouvement et le traitement des draperies évoquent immédiatement le répertoire des bacchanales qui connut un immense succès dans la sculpture française du XVIIIᵉ siècle.

Ces figures s'inscrivent dans le prolongement du répertoire développé par Louis-Félix Delarue, puis magistralement illustré par Claude Michel, dit Clodion, dont les groupes de jeunes satyres, de bacchantes et d'enfants bachiques comptent parmi les œuvres les plus emblématiques de cette période. Au XIXᵉ siècle, les grands bronziers et éditeurs parisiens puisèrent largement dans ces créations afin d'orner candélabres, garnitures de cheminée et objets d'ameublement, perpétuant ainsi le goût français pour les compositions allégoriques et mythologiques.

Le mouvement est celui d'origine et porte la signature Samuel Marti sur la platine arrière. Les mouvements de cette prestigieuse manufacture équipèrent de nombreuses productions françaises de qualité durant la seconde moitié du XIXᵉ siècle.

État de conservation Cette garniture est conservée dans un bel état général de conservation. L'ensemble des bronzes est complet et conserve sa dorure d'origine, présentant une légère usure cohérente avec son ancienneté. Les parties en bronze patiné ont conservé leur belle patine d'origine. Les éléments en marbre blanc présentent seulement quelques très légers petits éclats, sans incidence sur la qualité de présentation de l'ensemble. La pendule conserve son cadran émaillé d'origine, son délicat décor de guirlandes fleuries peintes à la main ainsi que ses aiguilles d'origine. Le mouvement est celui d'origine, signé Samuel Marti. Il est complet et conserve notamment son balancier ainsi que sa cloche. Il est toutefois vendu à réviser.

Dimensions Pendule:
Hauteur : 40 cm
Largeur : 28 cm
Profondeur : 15 cm
Candélabres Hauteur : 37 cm
2 200 €

Epoque : 19ème siècle

Style : Louis XVI - Directoire

Etat : Bon état

Matière : Bronze

Référence (ID) : 1798725

Disponibilité : En stock

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3 grande rue
La Chapelle-sur-Oreuse 89260, France

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