Maurice Pannetier (1910-1978) - La Grande Philharmonique
Huile sur toile. Toile originale. Signée à la main et portant au dos une inscription mentionnant le nom du dernier propriétaire et des informations sur le peintre.
Dès que le placeur referme la lourde porte en chêne et que le silence s'épaissit dans le hall, le grincement de mon fauteuil de velours réveille mes premiers souvenirs dans cette salle de concert, que des années d'abonnement ont transformée en un lieu peut-être plus cher à mes aspirations esthétiques que mon propre appartement. Je suis transporté à cette première électrisante du Sacre du printemps, où le rythme sauvage de Stravinsky semblait déchirer les riches moulures du plafond, ou à cet après-midi où Ravel, avec la précision du premier roulement de caisse claire, déploya son Boléro comme une spirale hypnotique dont l'écho résonne encore dans les méandres de ma mémoire. Chaque fois que le hautbois sonne son accord de « la », l'écho de ces interprétations de Mahler s'éveille en moi, où les trompettes semblaient annoncer non seulement l'apogée d'une symphonie, mais la fin d'une civilisation entière, me ramenant à une époque où la musique n'était pas un simple passe-temps, mais la trame même sur laquelle nous brodions nos angoisses et nos aspirations les plus nobles.
Depuis ma boîte d'abonnement, ce point de vue privilégié d'où j'observe le passage inexorable des saisons de ma propre vie, je me souviens comment le premier accord de l'Héroïque de Beethoven a secoué les toiles d'araignée de mon esprit, imposant une volonté de fer qui, aujourd'hui, face à la fragilité de notre époque, me paraît un refuge de marbre. C'est dans cet espace sacré, où le parfum du vieux vernis sur les instruments et l'odeur sirupeuse des vieilles dames en vison dans l'orchestre se mêlent à la vibration des cordes, que je comprends que chaque concert est une réunion avec le temps retrouvé. Une architecture sonore qui me permet de revoir, parmi les ombres du public, les visages de ceux qui ont partagé avec moi la révélation d'une phrase de Sibelius ou assisté à l'apogée bouleversante de la Pathétique, me rappelant que l'art est la seule horloge qui ne s'arrête jamais, mais qui se déploie en avant et en arrière dans une éternité d'accords.
- Dimensions de l'image sans cadre : 92 x 73 cm / 101,5 x 83 cm avec cadre exclusif sur mesure.
Dès que le placeur referme la lourde porte en chêne et que le silence s'épaissit dans le hall, le grincement de mon fauteuil de velours réveille mes premiers souvenirs dans cette salle de concert, que des années d'abonnement ont transformée en un lieu peut-être plus cher à mes aspirations esthétiques que mon propre appartement. Je suis transporté à cette première électrisante du Sacre du printemps, où le rythme sauvage de Stravinsky semblait déchirer les riches moulures du plafond, ou à cet après-midi où Ravel, avec la précision du premier roulement de caisse claire, déploya son Boléro comme une spirale hypnotique dont l'écho résonne encore dans les méandres de ma mémoire. Chaque fois que le hautbois sonne son accord de « la », l'écho de ces interprétations de Mahler s'éveille en moi, où les trompettes semblaient annoncer non seulement l'apogée d'une symphonie, mais la fin d'une civilisation entière, me ramenant à une époque où la musique n'était pas un simple passe-temps, mais la trame même sur laquelle nous brodions nos angoisses et nos aspirations les plus nobles.
Depuis ma boîte d'abonnement, ce point de vue privilégié d'où j'observe le passage inexorable des saisons de ma propre vie, je me souviens comment le premier accord de l'Héroïque de Beethoven a secoué les toiles d'araignée de mon esprit, imposant une volonté de fer qui, aujourd'hui, face à la fragilité de notre époque, me paraît un refuge de marbre. C'est dans cet espace sacré, où le parfum du vieux vernis sur les instruments et l'odeur sirupeuse des vieilles dames en vison dans l'orchestre se mêlent à la vibration des cordes, que je comprends que chaque concert est une réunion avec le temps retrouvé. Une architecture sonore qui me permet de revoir, parmi les ombres du public, les visages de ceux qui ont partagé avec moi la révélation d'une phrase de Sibelius ou assisté à l'apogée bouleversante de la Pathétique, me rappelant que l'art est la seule horloge qui ne s'arrête jamais, mais qui se déploie en avant et en arrière dans une éternité d'accords.
- Dimensions de l'image sans cadre : 92 x 73 cm / 101,5 x 83 cm avec cadre exclusif sur mesure.
750 €
Epoque : 20ème siècle
Style : Design Années 50-60
Etat : Très bon état
Matière : Huile sur toile
Référence (ID) : 1766130
Disponibilité : En stock
Imprimer fiche






























