MASQUE DE THÉÂTRE NUO — Province du Guizhou, Chine - XIXème siècle
MASQUE DE THÉÂTRE NUO — PERSONNAGE DU MOINE (HESHANG 和尚)
Province du Guizhou, sud-ouest de la Chine — XIXe siècle
Bois, ancienne patine aux reflets acajou Marques d’usage interne · Traces de pigment rouge sur les lèvres · Cachet de cire rouge au revers
Hauteur : 18,5 cm · Avec socle : 27,5 cm · Largeur : 16,5 cm
Provenance : Ancienne collection Marie Crouvisier, Paris — Collection Liliane et Michel Durand Dessert, Paris
Ce masque représente le Heshang (和尚), le Moine, l’une des figures les plus emblématiques et les plus populaires du répertoire du théâtre Nuo. Personnage omniprésent dans les communautés rurales et ethniques du Guizhou, le Moine incarne une ambivalence savoureuse : figure spirituelle et bouffon sacré tout à la fois, il est celui qui rit, qui taquine, qui balaie le sol et teste la foi du public — sans jamais provoquer la catastrophe. Le visage sculpté ici est immédiatement reconnaissable : crâne rasé et bombé, symbole de la condition monastique, yeux mi-clos plissés par un rictus, bouche légèrement déformée, entreouverte et surtout une protubérance au centre du front — marque distinctive qui, selon les traditions locales, signale une nature surnaturelle ou une accumulation d’énergie spirituelle (qi).
Ce détail rare confère à ce masque un caractère particulièrement expressif et rituel.
Le théâtre Nuo (傩戏) est l’une des formes dramatiques les plus anciennes de Chine, enracinée dans les pratiques chamaniques et les rites d’exorcisme des communautés rurales du centre et du sud-ouest du pays. Dans la province du Guizhou — peuplée de nombreuses ethnies minoritaires (Miao, Buyi, Dong…) — il conserve une vitalité exceptionnelle jusqu’à nos jours.
Les cérémonies Nuo se déroulent à des moments charnières du calendrier agricole et religieux : nouvel an lunaire, funérailles, rites de passage, conjuration des épidémies. Les danseurs masqués incarnent des divinités, des ancêtres et des figures archétypales qui circulent entre le monde des vivants et celui des esprits.
Le masque n’est pas un simple accessoire : il est le réceptacle temporaire de l’entité qu’il représente, consacré par des rituels avant chaque représentation. Le Moine y joue un rôle particulier : par son humour et ses facéties, il dénoue la tension entre le sacré et le profane, rendant la cérémonie accessible à tous. Il danse, balaye, teste, taquine — et c’est précisément par ce jeu qu’il accomplit sa fonction rituelle.
Sculpté dans un bois dense aux reflets acajou, ce masque témoigne d’un savoir-faire technique remarquable : les volumes sont doux mais précis, le traitement des rides autour des lèvres et des paupières traduit une observation fine du visage humain. L’ancienne patine, profonde et lustrée, résultat de décennies d’usage et de soin, confère à l’objet une présence presque minérale. Les pigments rouges subsistant sur les lèvres rappellent que ce masque fut porté, vécu, rituel — non conçu pour le regard d’un collectionneur, mais pour dialoguer avec les dieux. Sa double provenance parisienne — collection Crouvisier, puis collection Durand-Dessert, milieu averti lié au marché de l’art contemporain et aux arts premiers — atteste d’une trajectoire de reconnaissance précoce et d’une conservation exemplaire.
Pièce rare par la qualité de sa patine, la précision de son iconographie et la présence de la protubérance frontale. À rapprocher des masques Heshang documentés dans les collections du Musée du quai Branly – Jacques Chirac et dans la littérature spécialisée sur le théâtre Nuo du Guizhou.
Vendu avec certificat de l'expert Serge Reynes et facture de la Galerie Ocarina.
* Frais d'expédition sur devis par transporteur DHL
Emballage soigné
Province du Guizhou, sud-ouest de la Chine — XIXe siècle
Bois, ancienne patine aux reflets acajou Marques d’usage interne · Traces de pigment rouge sur les lèvres · Cachet de cire rouge au revers
Hauteur : 18,5 cm · Avec socle : 27,5 cm · Largeur : 16,5 cm
Provenance : Ancienne collection Marie Crouvisier, Paris — Collection Liliane et Michel Durand Dessert, Paris
Ce masque représente le Heshang (和尚), le Moine, l’une des figures les plus emblématiques et les plus populaires du répertoire du théâtre Nuo. Personnage omniprésent dans les communautés rurales et ethniques du Guizhou, le Moine incarne une ambivalence savoureuse : figure spirituelle et bouffon sacré tout à la fois, il est celui qui rit, qui taquine, qui balaie le sol et teste la foi du public — sans jamais provoquer la catastrophe. Le visage sculpté ici est immédiatement reconnaissable : crâne rasé et bombé, symbole de la condition monastique, yeux mi-clos plissés par un rictus, bouche légèrement déformée, entreouverte et surtout une protubérance au centre du front — marque distinctive qui, selon les traditions locales, signale une nature surnaturelle ou une accumulation d’énergie spirituelle (qi).
Ce détail rare confère à ce masque un caractère particulièrement expressif et rituel.
Le théâtre Nuo (傩戏) est l’une des formes dramatiques les plus anciennes de Chine, enracinée dans les pratiques chamaniques et les rites d’exorcisme des communautés rurales du centre et du sud-ouest du pays. Dans la province du Guizhou — peuplée de nombreuses ethnies minoritaires (Miao, Buyi, Dong…) — il conserve une vitalité exceptionnelle jusqu’à nos jours.
Les cérémonies Nuo se déroulent à des moments charnières du calendrier agricole et religieux : nouvel an lunaire, funérailles, rites de passage, conjuration des épidémies. Les danseurs masqués incarnent des divinités, des ancêtres et des figures archétypales qui circulent entre le monde des vivants et celui des esprits.
Le masque n’est pas un simple accessoire : il est le réceptacle temporaire de l’entité qu’il représente, consacré par des rituels avant chaque représentation. Le Moine y joue un rôle particulier : par son humour et ses facéties, il dénoue la tension entre le sacré et le profane, rendant la cérémonie accessible à tous. Il danse, balaye, teste, taquine — et c’est précisément par ce jeu qu’il accomplit sa fonction rituelle.
Sculpté dans un bois dense aux reflets acajou, ce masque témoigne d’un savoir-faire technique remarquable : les volumes sont doux mais précis, le traitement des rides autour des lèvres et des paupières traduit une observation fine du visage humain. L’ancienne patine, profonde et lustrée, résultat de décennies d’usage et de soin, confère à l’objet une présence presque minérale. Les pigments rouges subsistant sur les lèvres rappellent que ce masque fut porté, vécu, rituel — non conçu pour le regard d’un collectionneur, mais pour dialoguer avec les dieux. Sa double provenance parisienne — collection Crouvisier, puis collection Durand-Dessert, milieu averti lié au marché de l’art contemporain et aux arts premiers — atteste d’une trajectoire de reconnaissance précoce et d’une conservation exemplaire.
Pièce rare par la qualité de sa patine, la précision de son iconographie et la présence de la protubérance frontale. À rapprocher des masques Heshang documentés dans les collections du Musée du quai Branly – Jacques Chirac et dans la littérature spécialisée sur le théâtre Nuo du Guizhou.
Vendu avec certificat de l'expert Serge Reynes et facture de la Galerie Ocarina.
* Frais d'expédition sur devis par transporteur DHL
Emballage soigné
2 950 €
Epoque : 19ème siècle
Style : Art d'Asie
Etat : Etat d'usage
Largeur : 16,5 cm
Hauteur : 27,5 cm
Référence (ID) : 1755820
Disponibilité : En stock
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