Pauline Auzou (1775–1835), Portrait de jeune femme aux tresses, vers 1800
Pauline Auzou
(Paris, 1775–1835)
Portrait de jeune femme aux tresses
Avec inscription postérieure en bas à droite : « Gerard »
Pierre noire et rehauts de blanc sur papier vergé
43 x 31 cm
(17 x 12¼ in.)
Provenance :
Collection particulière, France.
Ce dessin raffiné et sensible, exécuté à la pierre noire avec des rehauts de blanc, représente une jeune femme vue à mi-corps, se retournant avec grâce vers le spectateur dans une attitude empreinte de calme assurance. Son regard direct, la finesse de ses longs cils et le léger sourire de ses lèvres confèrent à la feuille une immédiateté et un charme tout à fait caractéristiques des études de portrait produites en France autour de 1800. Le traitement de la coiffure retient tout particulièrement l’attention : les cheveux sont relevés en nattes tressées à l’arrière, tandis que de légères boucles encadrent librement le visage, selon une mode étroitement associée aux premières années de l’époque napoléonienne. En contraste, le vêtement est indiqué avec une grande économie de moyens, l’artiste se contentant d’en suggérer les plis essentiels, ce qui donne à l’ensemble une fraîcheur séduisante et une impression de spontanéité étudiée.
Les études de têtes à mi-corps occupent une place importante dans l’œuvre dessiné de Pauline Auzou, ce qui n’a rien de surprenant pour une artiste active en France au tournant du XIXe siècle. Leur importance est d’ailleurs confirmée par la publication, en 1800, chez Didot, d’un album de ses études de têtes intitulé Têtes d’études. Auzou fut célébrée de son vivant comme une dessinatrice particulièrement douée et assidue ; un contemporain rapporta que « rien ne pouvait la distraire de ses études ». Bien qu’elle n’ait pas signé ses dessins, l’attribution de la présente feuille repose sur la comparaison avec un groupe d’études de têtes provenant des descendants de l’artiste et vendu chez Christie’s à Londres en 2000. On y retrouve en effet le même traitement minutieux des cheveux, animés de délicats rehauts, la même modulation subtile de la pierre noire dans les chairs, ainsi que la même manière volontairement sommaire d’indiquer le costume.
Née à Paris, Pauline Auzou se forma dans l’atelier de Jean-Baptiste Regnault et débuta au Salon dès 1793, à l’âge remarquable de dix-huit ans. Elle mena ensuite une carrière brillante, exposant des portraits, des scènes de genre et des compositions mythologiques, et obtint une médaille de première classe au Salon de 1808. En 1810, elle reçut une commande pour peindre Napoléon et Marie-Louise, signe éloquent de l’estime dont elle jouissait. Plus tard, elle fonda également une école destinée à la formation des jeunes femmes artistes. Le présent dessin constitue un bel exemple de son talent de dessinatrice : une feuille à la fois intime, élégante et profondément représentative du goût raffiné du portrait français de cette période.
Epoque : 19ème siècle
Style : Empire - Consulat
Etat : Bon état
Matière : Papier
Largeur : 31
Hauteur : 43
Référence (ID) : 1731815
Disponibilité : En stock





























