Pierre GIRIEUD (1876-1948) Baigneuses aux Goudes
Artiste : Pierre Girieud (1876-1948)
Pierre GIRIEUD (1876-1948) Baigneuses aux Goudes à Marseille, huile et encaustique sur panneau, 30,5 x 46 cm, signé et daté 1941 en bas à gauche. Cadre moderne en chêne massif, dimensions encadré 53 x 69 cm.
Un pionnier de l'art moderne
A son arrivé à Paris en 1900, Girieud se mêle aux peintres montmartrois d'avant garde.
Durriolui fait découvrir Gauguinet les préceptes nabis auxquels il adhère. Il devient auditeur du Collège d'Esthétique Moderne (1) créé par Bouhélier et Le Blond et expose avec eux au Printemps 1901.
Le 2 décembre 1901, , il fait partie des premiers artistes à suspendre des toiles à la Galerie Berthe Weill ouverte la veille afin d'accueillir de jeunes artistes modernes.
A partir de 1902 il expose régulièrement au Salon des Indépendants puis à compter de 1904 au Salon d'Automne.
Ses recherches artistiques sur la couleur font qu'il accroche cinq tableaux dans la salle n°VIIaux côtés des artistes qui lors du Salon d'Automne de 1905seront qualifiés de Fauves.
Un article de Vaucxelles dans le Gil Blas du 17 octobre 1905 le cite parmi les sept peintres présents dans cette salle :
Salle N°VII MM. Henri Matisse, Marquet, Manguin, Camoin, Girieud, Derain, Ramon Pichot. Salle archi-claire, des oseurs, des outranciers, de qui il faut déchiffrer les intentions, en laissant aux malins et aux sots le droit de rire, critique trop aisée. [.....] Au centre de la salle, un torse d'enfant et un petit buste en marbre, d'Albert Marque, qui modèle avec une science délicate. La candeur de ces bustes surprend au milieu de l'orgie des tons purs : Donatello chez les fauves.
En 1907 Kahnweiler qui a ouvert sa galerie quelques mois plus tôt, lui consacre une exposition particulière où il juxtapose plus de quarante toiles.
Son amitié avec Kandinskyle rapproche des expressionnistes allemands. Il est le seul français présent à la première exposition de la NKV, groupe qu'il aidera à s'ouvrir aux autres artistes français et qu'il suivra fidèlement lors de ses trois expositions itinérantes entre 1909 et 1911.
Girieud contribue également à Almanach du Blaue Reiter et expose au côté de ce groupe à la Galerie Der Sturmlors d'une présentation consacrée aux Expressionistes Français.
En 1912, installé provisoirement à Marseille, il y organise, avec ses amis Alfred Lombard, Joachim Gasquet, Xavier de Magallon, la plus importante exposition de peinture moderne jamais présentée jusqu'alors dans cette ville sous le nom deSalon de Mai. Appliquant localement l'idée développée avec les expressionnistes pour qui l'art n'a pas de frontière, le Salon prévoit conférences et musiques (2). Cézanne, Rodin, Renoir, Bonnard, Friez, Marquet, Rouault, Signac.... sont sur leurs cimaises. L'expérience sera renouvelée en 1913.
A partir de 1908, Girieud est présent à toutes les manifestations d'envergure nationales et internationales entendant rassembler l'ensemble de l'art moderne de l'époque : Salons de la Toison d'or, Sonderbund, Manet et les Post Impressionnistes, Neue Secession, Galerie Hans Goltz, Der Sturm, Armory Show.... Toutefois, Girieud n'accepte la prépondérance d'aucun des courants qui ont retenu son attention. Peintre symboliste, fauve puis expressionniste, il se tourne ensuite vers le néoclassissisme (3).
Un parcours personnel
A partir de 1923, Girieud s'adonne à la plénitude des formes, synthétisant les concepts classiques et sa perception du monde. Il abandonne toutes les expériences, tous les tâtonnements, toutes les influences, afin de se révéler enfin pleinement lui-même.(4) Un article que Marcel Roche (5) lui consacre montre que Girieudconsidère alors que l'abstraction conduit à réduire l'artiste à un ouvrier ignorant les émotions et que pour éviter cela, il a pris une voie personnelle dans laquelle il marie symbolisme, culture générale et sensibilité. Il devient alors un artiste dont la démarche personnelle et marginale a mis du temps à être admise.
Durant cette période et jusqu'à son décès, il expose régulièrement au Salon d'Automne et aux Tuileries à compter de sa création en 1923 (6). Druet et Berthe Weill lui consacrent des expositions particulières et il participe à de nombreuses expositions collectives en France et à l'étranger ainsi qu'à des ventes aux enchères.
Il réalisera son rêve en obtenant en commande des compositions monumentales dont la primordiale sera la décoration de Salle du Conseil de l'Université Poitiers qui lui vaudra d'être le premier artiste exposé de son vivant au Musée de l'Orangerie
Toutefois, il restera assez solitaire dans son parcours.
Vauxcelles in Excelsior du 29 Mai 1919 rapporte :
Alors que Flandrin, Marquet, Dufrénoy, Puy, Laprade, Manguin, Friez devenaient célèbres, Matisse illustre!, Pierre Girieud, leur camarade, leur égal, demeura isolé. On ne fut pas juste avec Girieud.... Nous étions trop séduit par les délices de Bonnard et les feux d'artifices des Fauves nous surprenait. Près d'eux, mais en silence, un être cultivé, méditatif, épris des Siennois et de Gauguin, visait non à l'effet, mais à la cadence, préférait la composition ordonnée au morceau de bravoure. C'était Girieud(7).
Il aura malgré tout la satisfaction de voir de son vivant deux de ses oeuvres intégrer le musée du Luxembourg (8)(9), d'autres seront achetées par les personnes publiques (10) et il en donnera pour la création de musées de province (11). Il fera l'objet d'une monographie en 1933 (12). Lors de son décès, de nombreux articles retracent son parcours. Tous insistent sur son amour de la Provence et sur sa passion pour la décoration. (13)(14)(15)
Un pionnier de l'art moderne
A son arrivé à Paris en 1900, Girieud se mêle aux peintres montmartrois d'avant garde.
Durriolui fait découvrir Gauguinet les préceptes nabis auxquels il adhère. Il devient auditeur du Collège d'Esthétique Moderne (1) créé par Bouhélier et Le Blond et expose avec eux au Printemps 1901.
Le 2 décembre 1901, , il fait partie des premiers artistes à suspendre des toiles à la Galerie Berthe Weill ouverte la veille afin d'accueillir de jeunes artistes modernes.
A partir de 1902 il expose régulièrement au Salon des Indépendants puis à compter de 1904 au Salon d'Automne.
Ses recherches artistiques sur la couleur font qu'il accroche cinq tableaux dans la salle n°VIIaux côtés des artistes qui lors du Salon d'Automne de 1905seront qualifiés de Fauves.
Un article de Vaucxelles dans le Gil Blas du 17 octobre 1905 le cite parmi les sept peintres présents dans cette salle :
Salle N°VII MM. Henri Matisse, Marquet, Manguin, Camoin, Girieud, Derain, Ramon Pichot. Salle archi-claire, des oseurs, des outranciers, de qui il faut déchiffrer les intentions, en laissant aux malins et aux sots le droit de rire, critique trop aisée. [.....] Au centre de la salle, un torse d'enfant et un petit buste en marbre, d'Albert Marque, qui modèle avec une science délicate. La candeur de ces bustes surprend au milieu de l'orgie des tons purs : Donatello chez les fauves.
En 1907 Kahnweiler qui a ouvert sa galerie quelques mois plus tôt, lui consacre une exposition particulière où il juxtapose plus de quarante toiles.
Son amitié avec Kandinskyle rapproche des expressionnistes allemands. Il est le seul français présent à la première exposition de la NKV, groupe qu'il aidera à s'ouvrir aux autres artistes français et qu'il suivra fidèlement lors de ses trois expositions itinérantes entre 1909 et 1911.
Girieud contribue également à Almanach du Blaue Reiter et expose au côté de ce groupe à la Galerie Der Sturmlors d'une présentation consacrée aux Expressionistes Français.
En 1912, installé provisoirement à Marseille, il y organise, avec ses amis Alfred Lombard, Joachim Gasquet, Xavier de Magallon, la plus importante exposition de peinture moderne jamais présentée jusqu'alors dans cette ville sous le nom deSalon de Mai. Appliquant localement l'idée développée avec les expressionnistes pour qui l'art n'a pas de frontière, le Salon prévoit conférences et musiques (2). Cézanne, Rodin, Renoir, Bonnard, Friez, Marquet, Rouault, Signac.... sont sur leurs cimaises. L'expérience sera renouvelée en 1913.
A partir de 1908, Girieud est présent à toutes les manifestations d'envergure nationales et internationales entendant rassembler l'ensemble de l'art moderne de l'époque : Salons de la Toison d'or, Sonderbund, Manet et les Post Impressionnistes, Neue Secession, Galerie Hans Goltz, Der Sturm, Armory Show.... Toutefois, Girieud n'accepte la prépondérance d'aucun des courants qui ont retenu son attention. Peintre symboliste, fauve puis expressionniste, il se tourne ensuite vers le néoclassissisme (3).
Un parcours personnel
A partir de 1923, Girieud s'adonne à la plénitude des formes, synthétisant les concepts classiques et sa perception du monde. Il abandonne toutes les expériences, tous les tâtonnements, toutes les influences, afin de se révéler enfin pleinement lui-même.(4) Un article que Marcel Roche (5) lui consacre montre que Girieudconsidère alors que l'abstraction conduit à réduire l'artiste à un ouvrier ignorant les émotions et que pour éviter cela, il a pris une voie personnelle dans laquelle il marie symbolisme, culture générale et sensibilité. Il devient alors un artiste dont la démarche personnelle et marginale a mis du temps à être admise.
Durant cette période et jusqu'à son décès, il expose régulièrement au Salon d'Automne et aux Tuileries à compter de sa création en 1923 (6). Druet et Berthe Weill lui consacrent des expositions particulières et il participe à de nombreuses expositions collectives en France et à l'étranger ainsi qu'à des ventes aux enchères.
Il réalisera son rêve en obtenant en commande des compositions monumentales dont la primordiale sera la décoration de Salle du Conseil de l'Université Poitiers qui lui vaudra d'être le premier artiste exposé de son vivant au Musée de l'Orangerie
Toutefois, il restera assez solitaire dans son parcours.
Vauxcelles in Excelsior du 29 Mai 1919 rapporte :
Alors que Flandrin, Marquet, Dufrénoy, Puy, Laprade, Manguin, Friez devenaient célèbres, Matisse illustre!, Pierre Girieud, leur camarade, leur égal, demeura isolé. On ne fut pas juste avec Girieud.... Nous étions trop séduit par les délices de Bonnard et les feux d'artifices des Fauves nous surprenait. Près d'eux, mais en silence, un être cultivé, méditatif, épris des Siennois et de Gauguin, visait non à l'effet, mais à la cadence, préférait la composition ordonnée au morceau de bravoure. C'était Girieud(7).
Il aura malgré tout la satisfaction de voir de son vivant deux de ses oeuvres intégrer le musée du Luxembourg (8)(9), d'autres seront achetées par les personnes publiques (10) et il en donnera pour la création de musées de province (11). Il fera l'objet d'une monographie en 1933 (12). Lors de son décès, de nombreux articles retracent son parcours. Tous insistent sur son amour de la Provence et sur sa passion pour la décoration. (13)(14)(15)
1 700 €
Epoque : 20ème siècle
Style : Art moderne
Etat : Très bon état
Matière : Huile sur bois
Largeur : 46
Hauteur : 30,5
Référence (ID) : 1723638
Disponibilité : En stock
Imprimer fiche































