- La figure de Manuel Pérez de la Puente illustre parfaitement les hauts dignitaires de la cour qui ont orchestré la transition entre l'administration des Habsbourg et le nouveau régime bourbonien. Issu d'une ancienne lignée noble d'Ezcaray (La Rioja), sa carrière à la cour de Madrid fut marquée par l'accumulation d'honneurs et de postes de confiance, notamment son mandat de membre de la Cour des comptes de Castille et sa fonction de conseiller privé de Philippe V, fonctions qu'il cumula avec le prestigieux habit de chevalier de l'Ordre de Santiago.
Au-delà de son rôle public, des recherches historiques récentes ont mis en lumière son rôle de mécène. Pérez de la Puente commanda une œuvre d'une importance exceptionnelle pour son oratoire privé : le portrait de Notre-Dame des Douleurs. Cette dévotion, empreinte des nuances pieuses caractéristiques du baroque espagnol tardif, devint la pierre angulaire de sa vie spirituelle. L'image n'était pas un simple objet décoratif, mais un objet de dévotion personnelle qui accompagna le conseiller jusqu'à ses derniers jours, reflétant la tendance de la noblesse éclairée à allier rigueur administrative et piété mariale profonde et traditionnelle.
Le destin final de Don Manuel fut scellé par ses dispositions testamentaires, analysées avec la rigueur documentaire de José Miguel de Mayoralgo y Lodo (Comte d'Acevedos). Selon les données publiées dans ses recherches de 2017 sur la nécrologie de la noblesse madrilène, Pérez de la Puente mourut en 1766. Il souhaitait être inhumé au Couvent de San José à Madrid (Carmes déchaux), institution qui demeure aujourd'hui un emblème du patrimoine religieux de la capitale.
L'originalité de cette sépulture réside dans la disposition symbolique souhaitée par le défunt : il demanda à reposer auprès de l'image de Notre-Dame des Douleurs, le tableau qu'il avait lui-même commandé et vénéré. Cette union post-mortem entre le donateur et l'image sacrée représente l'une des dernières manifestations de l'esprit des « fondateurs » de la chapelle dans la capitale bourbonienne, où le salut de l'âme était étroitement lié à la proximité physique avec la divinité représentée dans le tableau.
- Dimensions du panneau: 15.5 x 21 cm
- Dimensions du cadre en bronze: 27.5 x 33 cm





























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