À la fin du XIXe et au début du XXe siècle, les imposants paquebots et navires à vapeur de la Compañía Trasatlántica, avec leurs coques sombres et leurs cheminées fumantes, devinrent d'immenses cercueils ou des berceaux d'espoir pour des milliers d'Asturiens, de Galiciens, de Léonais et de Basques. Ces navires, partant de ports comme Gijón, Vigo et Bilbao, transportaient dans leurs cales un exil économique tragique, une diaspora d'âmes qui, poussées par la pauvreté et le rêve de « réussir en Amérique », traversaient l'Atlantique vers les quais de La Havane, Veracruz, Santos ou Buenos Aires. Au milieu du vrombissement des chaudières et de l'air salin, se tissait une géographie du déracinement, où le luxe des ponts supérieurs contrastait fortement avec la promiscuité des niveaux inférieurs, façonnant un espace de transit où l'identité péninsulaire se fondait dans l'immensité de l'océan, pour renaître, avec nostalgie et effort, dans les nouvelles terres du Cône Sud et des Caraïbes.
- Dimensions de l'image sans cadre : 66 x 28 cm





























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