Eliane Yvetot, paire de portrait sur plaque de porcelaine Napoléon III
Belle plaques de porcelaine de Limoges peintes et montées en cadres en bois doré d’époque, fin XIXe siècle
Deux portraits en buste, présentés en pendants, peints sur plaques de porcelaine de Limoges et enchâssés dans un même parti décoratif : un médaillon ovale à fond gris perlé (modelé très doux, quasi “velouté”), cerclé d’un filet doré ornementé, se détachant sur un fond bleu cobalt à décor réticulé d’arabesques et de rinceaux stylisés, rehaussé à l’or. L’ensemble est monté dans deux cadres en bois doré d’époque, moulurés et sculptés, typiques des encadrements de la fin du XIXe siècle, renforçant l’effet “tableau de cabinet” et la destination décorative bourgeoise.
Le rendu est remarquable sur plusieurs points : carnation transparente, transitions fondues (joues rosées, lèvres, paupières), dessin précis des traits et des yeux, et surtout une maîtrise du noir du vêtement (reflets, profondeur, textures), difficile sur porcelaine. Le bleu du champ périphérique, saturé et parfaitement tendu, crée un contraste très “joaillier” avec l’or, tout en cadrant le médaillon comme une miniature agrandie.
Portrait masculin décrit une présence volontaire. Costume sombre, nœud papillon/cravate noire, mise très soignée : l’image d’un homme jeune encore, mais déjà installé socialement.
La jeune femme pose de trois-quarts, expression calme et tenue, regard légèrement déporté ; une élégance contenue. Coiffure haute, robe sombre, chemisette/col brodé, petit bijou (boucle/chaînette), suggérant un milieu aisé et une volonté d’apparat discret.
Les deux plaques sont signées E. Yvetot (signature visible sur le champ droit du médaillon, à proximité de la bordure dorée).
Artiste : Elina Yvetot
Peintre sur porcelaine active dans le dernier quart du XIXe siècle, associée au monde de Limoges et à des adresses Parisiennes. Les sources de ventes et livrets du Salon la présentent comme née à Limoges, élève de M. A. Lafond, et établie à Limoges et à Paris (chez M. E. Meinhard, rue Laffitte 30). Elle se spécialise dans la peinture sur porcelaine, appréciée pour sa qualité, et expose au Salon de Paris de 1876 à 1888.
Elle est également documentée en lien avec le milieu des arts du feu (notamment autour de Paul Soyer, émailleur), ce qui éclaire la culture technique et décorative de ces plaques.
Salon / goût Napoléon III”
Ces portraits s’inscrivent pleinement dans l’esthétique bourgeoise héritée du Second Empire (goût Napoléon III pour les objets précieux, cadres dorés, effets de matières et décors bleu et or), mais les références documentaires disponibles situent l’activité de Salon d’Elina Yvetot à partir de 1876.
Il existe une référence solidement signalée à Limoges (Musée national Adrien Dubouché) : un portrait sur porcelaine signé et daté d’Elina Yvetot représentant Jacques-Joseph Maquart (1803–1873).
Dimensions
Cadres : 37 x 32 cm chacun.
Plaques : 23 x 17 cm chacune.

































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