Paul Joostens n'était pas seulement un artiste, mais un visionnaire solitaire et le grand déconstructeur de l'esthétique belge du XXe siècle. Sa figure se dresse comme un pont mystique entre le chaos de la modernité et la pureté du passé gothique. Issu de l'effervescence anversoise, Joostens fut le premier héraut de la rupture, un esprit indomptable qui osa fragmenter la réalité par le cubisme et le dadaïsme, devenant le maître incontesté du collage et de l'assemblage en Flandre. Ses constructions en bois et ses compositions polymatières n'étaient pas de simples exercices formels, mais des reliques d'une ère nouvelle, où les vestiges de la civilisation se transmuaient en objets sacrés.
Cependant, la véritable ampleur de son génie réside dans son étonnante dualité spirituelle. Après avoir mené l'anarchie des formes, Joostens se retira dans les profondeurs de sa psyché, fusionnant l'avant-garde avec un mysticisme médiéval profond et troublant. C’est durant cette période de maturité que naquit son style « gothique-dadaïste », une symbiose parfaite entre abstraction géométrique et dévotion archaïque. Obsédé par la figure de la femme éternelle – incarnée dans ses énigmatiques et stylisées Poezeloezen – et par la mélancolie de villes mortes comme Bruges, son pinceau devint un instrument d’introspection quasi religieuse. Joostens, le « moine de la modernité », vécut et mourut dans la solitude aristocratique, laissant derrière lui une œuvre labyrinthique d’une pureté technique et d’une poésie exaltante, s’imposant comme une référence essentielle pour comprendre l’angoisse et la beauté de l’âme flamande contemporaine.
- Dimensions de l’image sans cadre : 57 x 65 cm / 65 x 73 cm avec un cadre exclusif sur mesure de style américain.





























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