Jules Aimé DALOU SEVRES 1923 Pte sculpture grès couleur terre cuite
par Jules Aimé DALOU (Paris 1838 - Paris 1902) -signature en creux sur le bord de la terrasse
La sculpture porte aussi le cachet de la manufacture de Sèvres et la date 1923, avec les initiales E.R.
(pour Émile Roucheret, mouleur-réparateur, entre 1901 et 1941).
Le Réalisme, mouvement artistique et intellectuel du XIXe s:
"Représenter le réel tel qu’il est : voici l’ambition du réalisme. Opposé à l’idéalisme du néoclassicisme et à l’imagination promue par le romantisme, le réalisme est un courant littéraire et artistique attaché au XIXe siècle. Dans le roman, il est magistralement incarné par Honoré de Balzac. Dans l’histoire de l’art, il est porté à partir des années 1850 par Gustave Courbet mais connaît des précédents dès les années 1820 au travers des lithographies d’Honoré Daumier ou des peintres de Barbizon. Il se décline également dans d’autres pays européens, comme en Belgique, en Allemagne ou en Angleterre.
"Le principal représentant de la sculpture réaliste est Jules Dalou avec des œuvres monumentales sur le monde ouvrier où il témoigne de ses engagements républicains et communards. Il a laissé de nombreuses études pour un projet de Monument aux Travailleurs inachevé (musée du Petit Palais et musée d'Orsay) qui rendent hommage au monde du travail et de la paysannerie.
« Être à même de traduire les mœurs, les idées, l’aspect de mon époque, selon mon appréciation, être non seulement un peintre, mais encore un homme, en un mot, faire de l’art vivant, tel est mon but. » Gustave Courbet
Ici aussi, Dalou "montre son personnage, un anonyme, avec force, fierté, ... en dépit de la nature extrêmement pénible et physique de son travail. L'artiste développe ici dans son œuvre (de ses oeuvres) un propos politique, en faveur des ouvriers, des classes laborieuses. Loin de tout misérabilisme, il est l’un des grands maîtres du réalisme social, donnant un visage aux anonymes à l’heure de l’essor industriel.
Parfait état.
Dimensions : environ
8,5cm hauteur *
7,5cm longueur
et 6,5cm profondeur
On peut encore rapprocher ce travail de sculpture réaliste de Dalou à celui postérieur d'Ernest WITTMANN, dont les oeuvres seront éditées là encore en blanc, sans couleur, et avec des dimensions socio-politique et humaniste similaires.
Une statuette en bronze de ce même sujet "le casseur de pierres", éditée par le fondeur Susse Frères, fait actuellement partie des collections du Musée d'Orsay (hauteur 9,5 ; longueur 8,2 et profondeur 7,8 cm), et porte le numéro d'inventaire RF 4336. Un contrat du 30 juin 1902 a été passé entre la fonderie Susse et la fille de Dalou pour l'édition d'oeuvres ; dans ce contrat, "Casseur de pierres" porte le n°8 E
Bibiliographie :
- Amélie SIMIER, "Jules DALOU, le sculpteur de la République. Catalogue des oeuvres de Jules DALOU conservées au Petit Palais, Paris Musées 2013
- Pierre CADET, Gazette des beaux-arts, "L'Edition des oeuvres de Dalou par la maison Susse", Paris, [s.n.], 1994, p. 106
- "Dalou, sa vie et son œuvre". Maurice Dreyfous, éditeur : H Laurens, 1903.
- https://www.beauxarts.com/grand-format/le-realisme-en-2-minutes/
- Rêve et réalité - Collections du Musée d'Orsay - City museum - Japon, Kobe, 1999
- Rêve et réalité. Collections du Musée d'Orsay - National Museum of Western Art - Japon, Tokyo, 1999
- Travail et banlieue 1880-1980. Regards d'artistes - musée de l'île-de-France - France, Sceaux, 2001-2002
- Paris in the age of Impressionnism. Masterworks from the Musée d'Orsay - High Museum of Art - Etats-Unis, Atlanta, 2002-2003
- Paris in the age of Impressionnism. Masterworks from the Musée d'Orsay - Museum of Fine Arts - Etats-Unis, Houston, 2003
- Tous collectionneurs ! Carpeaux et Dalou édités par la maison Susse - musée d'Orsay - France, Paris, 2010-2011
Biographie:
Aimé-Jules Dalou, dit Jules Dalou (1838-1902) est un sculpteur français, né d’artisansgantiers protestants qui l’élèvent dans la laïcité et l’amour de la République.Jules Dalou montre très jeune des dons pour le modelage et le dessin, ce quilui vaut l’attention de Jean-Baptiste Carpeaux, lequel le fait entrer en 1852 àla Petite École, future École nationale supérieure des arts décoratifs deParis. En 1854, il est admis à l’École des beaux-arts de Paris où il étudie lapeinture dans l’atelier d’Abel de Pujol et la sculpture dans l’atelier deFrancisque Duret. Il commence à gagner sa vie en travaillant pour desornemanistes. C’est chez l’un d’eux que débute son amitié avec Auguste Rodin.Dalou produit alors de la sculpture décorative pour des immeubles sur lesgrandes avenues parisiennes, tel l’hôtel de La Païva, avenue desChamps-Élysées. Il se présente quatre fois, sans succès, au concours du prix deRome, mais présente au Salon de 1869 un Daphnis et Chloé, et La Brodeuse auSalon de 1870, deux pièces acquises par l’État. Dalou n’aura qu’un enfant,Georgette, une fille née avec un handicap mental. C’est pour assurer lefinancement de l’hébergement à vie de sa fille par l’Orphelinat des Arts queDalou a légué le fonds de son atelier à cette institution.Au lendemain de la Semaine sanglante de mai 1871, Dalou, sa femme et leur fille sont menacés en tant que Communards,contraints à l’exil et demandent le droit d’asile. Ils rejoignent alorsl’Angleterre et sont accueillis par son ancien condisciple de la Petite École,le peintre Alphonse Legros. Grâce à Legros, très introduit à la City, ilréalise une série de statuettes en terre cuite inspirées par les paysannesboulonnaises ou par des sujets intimistes (Liseuse, Berceuse), et des portraitsde l’aristocratie anglaise. Devenu professeur de modelage à la National ArtTraining School, son influence est déterminante auprès des sculpteursbritanniques. Il reçoit commande d’une fontaine publique en marbre intituléeCharity(1877) près du Royal Exchange à Londres, et d’un monument pour la reineVictoria dédié à ses petits-enfants situé dans la chapelle privée de Frogmoreau château de Windsor.En mai 1874, le Conseil de guerre de Paris lecondamne aux travaux forcés à perpétuité par contumace. Ayant refusé dedemander grâce, ce n’est qu’en mai 1879, après avoir été amnistié sous laprésidence Jules Grévy que Dalou et sa famille rentrent enfin d’exil. Son groupe LeTriomphe de la République, prévu à l’origine pour la place de La République,est finalement érigé sur la place du Trône, renommée place de la Nation en1880. Dalou consacrera vingt ans à la réalisation de ce monument. Les années1881 et 1882 sont difficiles, mais le Salon de 1883 le révèle enfin au grandpublic français. Il y expose ses deux haut-reliefs : La Fraternité des Peupleset Mirabeau répondant à Dreux-Brézé, pour lequel on lui remet la médaille d’honneur.Fuyant le monde et vivant en famille, Dalou se livre à un labeur considérablerépondant aux nombreuses commandes tant privées que publiques. Pourl’Exposition universelle de 1889, on inaugure sur la place de la Nation leplâtre du Triomphe de la République commandé par la ville de Paris en 1879.Bien que la version bronze du groupe ne fût inaugurée qu’en 1899, cette œuvreremporte le grand prix de sculpture de l’exposition. Dalou quitte la Sociétédes artistes français en 1890 pour exposer désormais à la Société nationale desbeaux-arts, dont il est membre fondateur avec Ernest Meissonier, Auguste Rodinet Pierre Puvis de Chavannes. Nommé chevalier de la Légion d’honneur en 1883,puis promu officier par le président Carnot en 1889, il est élevé au grade decommandeur du même ordre en 1899 par le président Loubet lors de l’inaugurationde son monument du Triomphe de la République.Dalou n’a pas le temps de mener à bien son dernier grand projet, unMonument aux Travailleurs (ou Monument aux Ouvriers), dont l’idée lui vient en1889 au lendemain de la première inauguration du Triomphe de la République. Leformalisme de la cérémonie et les défilés militaires avaient tenu le peuple àl’écart de cette manifestation officielle. Dalou en avait été déçu. Fidèle àson idéal républicain, il eut souhaité que cette inauguration soit l’occasiond’une grande fête populaire et démocratique (ce qu’elle fut lors del’inauguration du bronze en 1899). Son idée est de rendre un hommage au mondedes ouvriers, des artisans et des paysans en leur dédiant cette œuvre dont ils constituent le sujet central. À la fin de sa carrière il décrit ce projet ences termes : « Je crois avoir enfin trouvé le monument aux Ouvriers que jecherche depuis 1889. La disposition générale tiendrait de l’insigne de Priape,Dieu des Jardins, emblème de la création, de la borne, berceau et tombe dupauvre, enfin du tuyau de l’usine, prison où se passe sa vie. Sobre, sansmoulure ni ornement, je désire qu’il ait l’aspect grave et imposant, s’il sepeut, que le sujet comporte. L’exécuterai-je ? Là est la question. Je suis bienâgé et de plus ma santé est bien débile ».Les nombreuses esquisses de ce monument trouvées dans son atelieraprès son décès sont maintenant conservées au Musée du Petit Palais. La statuedu Grand paysan (vers 1897-1902, Paris, musée d’Orsay) préfigure lespersonnages qu’il projetait de placer dans les seize niches entourant lacolonne, le monument devant mesurer 32 mètres de haut.
Epoque : 20ème siècle
Style : Art Nouveau
Etat : Parfait état
Matière : Grès
Longueur : 7,5cm
Hauteur : 8,5cm
Profondeur : 6,5cm
Référence (ID) : 1645321
Disponibilité : En stock






































