Dans le vaste panorama de l'évangélisation et de la vie religieuse en Amérique coloniale espagnole, la figure des archanges jouissait d'une prééminence unique, transcendant son rôle céleste pour devenir un pilier du syncrétisme religieux. Ces « guerriers divins » offraient aux populations indigènes et métisses un puissant parallèle avec leurs propres divinités tutélaires et figures guerrières, facilitant ainsi un culte syncrétique toléré, voire parfois encouragé, comme moyen d'endoctrinement. Dans ce contexte d'échanges culturels et religieux, leurs attributs se sont chargés de significations multiples, un phénomène qui s'étend de la dévotion populaire à des pratiques proches de l'hétérodoxie.
Cet exemple exquis, de l'école mexicaine, présente saint Raphaël Archange orné d'un symbolisme minutieusement élaboré. Le poisson, son attribut canonique, fait directement allusion au Livre de Tobit et à la guérison prophétique ; cependant, il est accompagné de la grenade, emblème clair de la Résurrection et de la vie éternelle. Avec une éloquence particulière, l'archange porte également une tortilla de maïs, un emprunt culturel qui élève cet aliment de base indigène au rang de métaphore de la nourriture éternelle de l'Eucharistie, unissant ainsi le sacré chrétien à la subsistance terrestre des Amériques. Dans la lignée des portraits espagnols raffinés de la fin du XVIIe siècle, la figure est placée dans un socle ovale à l'architecture élaborée, conférant à l'image une dignité courtoise et baroque.
- Dimensions de l'image sans cadre : 56 x 75 cm / 71 x 91 cm avec un cadre doré sur mesure, réalisé à la main, d'inspiration baroque.




























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