Robert EIDEL
Les Burgraves, 1912
Huile sur panneau signée, datée et titrée et bas à droite
73 x 91,5 cm
Le peintre choisi d’illustrer « Le Mendiant » ou la deuxième partie de la pièce de théâtre Les Burgravesécrite par Victor Hugo, qui sera représentée pour la première fois à la Comédie-Française le 7 mars 1843.
L’instant choisi est précisément la scène VI qui marque le moment solennel où Barberousse, figure mythique et impériale, se révèle aux Burgraves dans son costume de mendiant. En effet, l’ancien empereur revenu d’un long exil, bouleverse de sa présence les personnages de la salle des Panoplies. Il y incarne le retour du passé, la puissance de la mémoire et la confrontation entre la décadence du présent et la grandeur d’autrefois.
« Pendant que Magnus a parlé, le cercle des burgraves s'est resserré lentement autour de l'empereur. Derrière les burgraves est venue se ranger silencieusement une triple ligne de soldats armés jusqu'aux dents, au-dessus desquels s'élève la grande bannière du burg mi-partie rouge et noire, avec une hache d'argent brodée dans le champ de gueules, et cette légende sous la hache : MONTI COMAM, VIRO CAPUT. L'empereur, sans reculer d'un pas, tient cette foule en respect. Tout à coup, quand. Magnus a fini, l'un des burgraves tire son épée.
Cadwalla,
tirant son épée.
César ! César ! César ! rends-nous nos citadelles !
Darius,
tirant son épée.
Nos burgs, qui ne sont plus que des nids d’hirondelles !
Hatto,
tirant son épée.
Rends-nous nos amis morts, qui hantent nos donjons,
Quand l’âpre vent des nuits pleure à travers les joncs !
Magnus,
saisissant sa hache.
Ah ! tu sors du sépulcre ! eh bien, je t’y repousse,
Afin qu’au même instant, – tu comprends, Barberousse,
Où le monde entendra cent voix avec transport
Crier : il est vivant ! l’écho dise : il est mort !
Tremble donc, insensé qui menaçais nos têtes !
Les burgraves, l'épée haute, pressent Barberousse avec des cris formidables. Job sort, de la foule et lève la main. Tous se taisent. »
Bibliographie :
Une huile sur toile de composition semblable et réalisée en 1903 par Georges-Antoine Rochegrosse (1859-1938), est conservée à la Maison de Victor Hugo. Il s’agit d’une commande passée par Paul Meurice à l’occasion de l’ouverture du musée la même année.
Très bon état
Réf. : FCP
Texte et photos © FCP CORIDON





























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