Vachère au bord de l'eau
eau-forte
19.8 x 13.2 cm
Bibliographie : L. Delteil, Camille Pissarro: Catalogue Raisonné of Etchings and Lithographs, 1923, pp. 200-201, no. 93 (illustrated)
Considéré comme le « père des impressionnistes », Camille Pissarro est un travailleur acharné qui se remet sans cesse en question. Paul Cézanne, un de ses amis, affirme : « Nous sortons peut-être tous de Pissarro (...). C'est lui, le premier impressionniste. » Pissarro se lance dans la gravure au début des années 1860, principalement sous l'influence d'un mouvement de peintres-graveurs surnommé « le renouveau de l'eau-forte ». Avec Degas, il est l'impressionniste qui s'intéresse le plus sérieusement à l'estampe : les deux hommes introduisent très tôt la taille douce dans leur pratique. De leur rencontre va subsister un ensemble d'estampes dont le caractère expérimental fait date dans l'Histoire de l'art.
Sans le savoir, Degas et Pissarro créent avec l'estampe « originale » un objet d'art adapté à toutes les fortunes. Après 1890, rallié dans la lutte sociale aux idées anarchistes, Camille Pissarro cherche à associer sa pratique de graveur et ses convictions. Selon Michel Melot, il « trouve dans l'estampe le médium qui peut offrir l'unique à tous et le meilleur pour tous ». Contrairement à la peinture, l'impression conserve le souvenir des « états » appelés à disparaître. Pour Pissarro, chaque « état » est considéré comme une œuvre achevée.
Pour Christophe Duvivier, « Pissarro innove en sachant qu'il ne va pas être compris des marchands ni des collectionneurs d'estampes. » Il parle de « sensation d'art » ou encore « d'impressions gravées. » Par la gravure, Pissarro poursuit ses recherches dans diverses techniques. Ainsi, la gravure se révèle pour le peintre impressionniste comme un laboratoire expérimental qui contribue à son évolution durant les vingt-cinq dernières années de sa carrière. Pissarro, comme relève Jean Leymarie, est avec Degas « le plus graveur des impressionnistes et le plus impressionniste des graveurs.»
Enfin, selon Charles Kunstler, « Camille Pissarro a laissé un grand nombre de planches - près de 200 -, dont la plupart s'impose à l'admiration par leur transparence, par l'observation aiguë de la nature, par la richesse et l'originalité de la technique. Presque inconnu de son vivant, l'œuvre gravé de Pissarro fut révélé au grand public en 1923, vingt ans après la mort du maître, quand parut le catalogue de ses estampes ». Un siècle plus tard, la galerie a l'honneur de remettre en lumière ce corpus exceptionnel, qui place son auteur au rang des plus grands graveurs de l'Histoire de l'art.





























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