Paire de colonnes tortilles
(2) Bois polychrome et doré, cm alt 155
La colonne tourbillonnaire est mieux connue sous le nom de colonne salomonienne car selon la tradition chrétienne elle est l’élément suggéré par Dieu à Salomon au moment de la construction du Temple de Jérusalem (X siècle) et donc considérée comme une architecture divine. Utilisée dès le début de l’ère impériale, en particulier dans les sarcophages, la colonne tourbillonnaire est une variation architecturale du classique tronc long qui s’est également répandu dans le milieu paléochrétien. C’est à partir de 70 après J.-C que la colonne tourbillonnaire acquiert une signification religieuse : après la destruction du temple de Jérusalem, l’empereur Constantin donne les colonnes tourbillonnantes en marbre parien pour orner l’autel de la basilique dédiée à l’apôtre Pierre. Ces colonnes, à l’origine six puis portées à douze par le pape Grégoire III au XVIIe siècle, formalisèrent l’ancienne pergula (structure de séparation entre l’espace du chœur et la nef centrale) de Saint-Pierre.
Très utilisées à l’époque romane, les colonnes tourbillonnaires ont été mises de côté à la Renaissance lorsque l’on est revenu au classicisme de la colonne lisse ou cannelée, sont réapparus à Rome au début du XVIe siècle, d’abord dans les peintures de Raphaël et de son école, puis dans l’architecture maniériste; jusqu’au faste de la période baroque comme en témoigne le célèbre exemple qu’il a fait école : le Baldaquin réalisé par Gian Lorenzo Bernini en 1624 dans la basilique Saint-Pierre, où les gigantesques colonnes en bronze sont inspirées de celles de l’ancienne basilique.Du point de vue de la signification religieuse pour la tradition chrétienne, celui qui gagne les batailles de l’esprit est comparé à une colonne (Apocalypse 3,12).