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Jean Bonvoisin, Le Sacrifice De Polyxène
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Description de l'antiquité :

"Jean Bonvoisin, Le Sacrifice De Polyxène"
Jean Bonvoisin (Paris, 1752 - 1837)
Le Sacrifice de Polyxène
Vers 1770
Huile sur toile, restaurations d'usage
92 cm x 61,5 cm
Cadre en bois et plâtre doré
Provenance : Grasse, collection particulière

Notice complète cliquez ici


Le sujet de cette toile, considéré jusqu’alors comme le Sacrifice d’Iphigénie, doit désormais être identifié comme le Sacrifice de Polyxène, dont l’action se déroule également pendant la Guerre de Troie (Ovide, Métamorphoses, XIII, 435-534). Ces mythes, proches à la fois par leur thématique et leur iconographie, ont souvent fait l’objet de confusions.

Représentée au centre de la composition, Polyxène, fille du roi Priam et de la reine Hécube, est promise à Achille. Mais avant même que la Guerre de Troie ne s’achève, le héros grec est tué au combat par Pâris, frère de la jeune troyenne.

L’œuvre illustre la dernière scène de cette tragédie : alors que les hommes d’Achille s’apprêtent à embarquer pour retourner en Grèce, dont on perçoit les bateaux à droite de la composition, le fantôme du défunt apparaît et exige le sacrifice de celle qu’il convoitait sur son tombeau.

Représentée sous la forme d’une pyramide monumentale devant laquelle des prêtres procèdent aux offrandes rituelles, il entérine l’identification du sujet. Pyrrhus, le fils d’Achille (également appelé Néoptolème), vêtu d’une cape rouge, saisit d’un geste son épée pour exécuter Polyxène, qui avait découvert « sa gorge et sa poitrine ». La main droite ouverte, le regard tourné vers Hécube qui se cache le visage, elle profère alors ses dernières paroles : « Rendez, sans exiger de rançons, mon corps à ma mère ; permettez qu’elle vous paie, non pas avec de l’or, mais avec ses larmes [...] ».
Incarnant l’idée même de l’innocence sacrifiée à l’égal d’Iphigénie, Polyxène fut cependant l’héroïne d’un sujet beaucoup plus rarement illustré durant l’époque moderne. Au XVIIème siècle, Pierre de Cortone (1596-1669) en livra une version qui compte parmi ses chefs-d’œuvre, mais qui ne parvint cependant pas à populariser le sujet. Celui-ci connait toutefois un regain d’intérêt au début du XVIIIème siècle, à Venise et dans sa région, chez des artistes comme Federico Bencovich (1667-1753), Sebastiano Ricci (1659-1734) ou bienencore Giambattista Pittoni (1687-1767). La représentation de ce sacrifice trouve son plus grand développement dans l’œuvre de ce dernier, à travers cinq versions différentes au moins, et plusieurs répliques exécutées par son atelier.

Exécuté en France au début de la décennie 1770, notre tableau témoigne d’un renouvellement dans l’approche du mythe. Rompant avec l’esthétique rococo et le propos galant des œuvres de Pittoni, elle participe, par la dimension dramatique donnée au sujet, au retour à un style grave et héroïque, symptomatique de la volonté de régénération que connait la peinture d’Histoire française à partir des années 1750. L’exemple de vertu morale réinvestit alors le « Grand Genre », le sacrifice et les morts tragiques comptent parmi ses thèmes privilégiés.

Davantage que dans l’œuvre de Cortone, l’auteur de notre tableau s’est également attaché à renforcer la dimension archéologique de la représentation, dont l’importances’affirme de manière croissante au long de la seconde moitié du XVIIIème siècle. Au tombeau baroque se substitue désormais une pyramide, sans doute inspirée du monument funéraire de Caius Cestius, à Rome, laquelle devait devenir l’un des modèles du tombeau néoclassique, plus tard dans le siècle.

L’absence de signature, d’inscriptions ou de la connaissance de l’œuvre achevée conduit naturellement à s'interroger sur la paternité de cette toile. La suggestion très enlevée du rendu anatomique, pour ne pas dire nerveuse, un caractère volontairement approximatif dans la représentation des volumes laissent penser qu’il s’agit ici de la main d’un jeune artiste. La clarté de l’ordonnance mais aussi l’énergie avec laquelle est traitée l’œuvre, tout autant que sa conception scénographique marque également sa dépendance envers certains grands modèles, comme la Mort de Virginie de Doyen, par exemple.

Si l'on doit écarter qu’elle puisse revenir à Doyen, notre toile est, en revanche, l'oeuvre d'un très proche. Au nombre des peintres qui se sont formés dans son atelier et qui, dans les années suivantes, s'affirment comme les plus doués de la jeune génération, Jean Bonvoisin (1752-1837) apparaît comme le plus envisageable.
Second prix de l’Académie en 1774 derrière David, et finalement vainqueur du concours l'année suivante devant Regnault et Perrin avec Esther devant Assuérus, il se révèle être un artiste prolifique jusqu’à la Révolution, exposant à plusieurs reprises au Salon, et honorant des commandes pour la cathédrale d’Alais, la ville d’Uzès, ou encore la chapelle de la Bastille. Devenu membre de la commission des arts et conservateur au Muséum central, il exerce jusqu’à la fin de sa vie les fonctions de professeur de dessin dans diverses écoles parisiennes et à Saint-Quentin. Son œuvre reste cependant aujourd’hui peu connue. C'est dire si cette toile inédite éclaire d'un jour nouveau les leçons de Doyen et les débuts du néoclassicisme en France à l'extrême fin du règne de Louis XV.

Le rapprochement de notre tableau avec la production de Bonvoisin s’appuie, en premier lieu, sur une esquisse qui lui est traditionnellement attribuée, Les enfants de Niobé tués par Apollon et Diane.

La comparaison entre les deux œuvres trahit, sans équivoque possible, la même main : si l’on reconnait la touche, le traitement même des visages, le système de composition adopte également un parti rigoureusement similaire, fondé sur une grande diagonale émergeant de l’arrière-plan, créant un mouvement puissant et liant les personnages en un tout organique, tandis que la scène est fermée à droite par un groupe repoussoir. L’énergie contenue à l’intérieur même des figures, tout autant que la brutalité de la gestuelle, semblent annoncer des compositions ultérieures, commeMithridate, roi du Pont, se faisant tuer avec son épée par un capitaine de ses gardes (1778) ou Enée retenu par Creuze à l’instant où il allait combattre (Salon de 1793).

Nous remercions Monsieur Benjamin Salama, auteur du catalogue raisonné de Gabriel- François Doyen (en cours), d'avoir suggéré l'attribution par un examen de visu de l'oeuvre et d'avoir contribué grandement à la rédaction de cette notice.

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Prix : 9000 €
Artiste : Jean Bonvoisin (1752 - 1837)
Epoque : 18ème siècle
Etat : Bon état

Matière : Huile sur toile
Longueur : 92 cm (cadre 116cm)
Hauteur : 61,5 cm (cadre 85 cm)
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