Jeune femme allongée
Signée en haut à droite
Huile sur toile.
60 x 82 cm
En bon état
Encadré : 76,5 97 cm
Maurice Asselin a fait de la féminité l'un de ses sujets de prédilection. Son œuvre comprend des portraits, des scènes de genre comme celles que je vous présente ici, et des nus. Cette jeune femme allongée rend hommage à un genre ancien — on pense notamment à la Maja Vestida de Francisco de Goya — mais, surtout, elle démontre le talent d'Asselin en tant que peintre moderne. Ces figures à l'air légèrement absent anticipent souvent l'art figuratif de Balthus, tandis que l'admirable fond rouge évoque l'abstraction.
Maurice Asselin est né le 24 juin 1882 à Orléans. Élève de Fernand Cormon à l'École nationale supérieure des Beaux-Arts, il compense l'enseignement académique, qu'il n'apprécie guère, par une observation approfondie de Paul Cézanne et des impressionnistes au musée du Luxembourg et au Louvre.
Il participe rapidement à ses premières expositions parisiennes, au Salon des Indépendants en 1906 et au Salon d'Automne en 1907 (il devient membre du jury en 1910).
Asselin rencontre l'écrivain Pierre Mac Orlan pour la première fois en 1910 à Moëlan-sur-Mer, et une longue amitié s'ensuit.
Mac Orlan raconte dans ses mémoires les activités estivales de Maurice Asselin et de ses amis peintres Ricardo Florès, Émile Jourdan et Jacques Vaillant à Brigneau-en-Moëlan, à La Mère Bacon, « une petite auberge de pêcheurs perchée sur un rocher, située à l'entrée de la jetée, qu'elle surplombait ».
En 1912, le critique d'art André Salmon décrit Maurice Asselin comme « l'un des jeunes peintres les plus prometteurs ».
Cette année-là, l'artiste effectua également le premier de ses nombreux voyages à Londres, où il présenta sa première exposition solo en février 1913. Entre 1914 et 1916, il fut le meilleur ami de Walter Sickert, partageant pendant un certain temps l'appartement de ce dernier à Red Lion Square. Dans la chronique mensuelle que Sickert écrivait à l'époque dans le Burlington Magazine, en décembre 1915, il fit une étude comparative des peintures d'Asselin et de Roger Fry, qui concluait à la supériorité d'Asselin. Les deux artistes peignirent chacun le portrait de l'autre ; le portrait d'Asselin peint en 1915 par Sickert fait aujourd'hui partie des collections du Potteries Museum & Art Gallery de Stoke-on-Trent, tandis qu'Asselin conserva son « Portrait de Walter Sickert » dans sa maison de Montmartre, puis à Neuilly-sur-Seine.
Asselin séjourna également à Ashford en 1915 avec un autre ami peintre, Ludovic-Rodo Pissarro.
Il était également proche d'Albert Marquet, leur complicité artistique étant évidente dans leur manière de composer et de peindre.
Maurice Asselin épousa Paton le 17 septembre 1919, mariage qui donna naissance à trois fils, Bernard en 1922, Jean en 1923 et Georges en 1925, et introduisit le thème de la maternité dans son œuvre.
Il mourut à son domicile de Neuilly le 27 septembre 1947.
« Une belle œuvre doit, par sa composition, son rythme, le choix des éléments qui la composent, satisfaire l'homme raffiné et, par l'impression de vie qu'elle dégage, émouvoir l'homme le plus simple. » – Maurice Asselin



































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