Le Sphinx, la sphinge: sujets ornementaux

Hybride léonin à tête humaine, le sphinx apparut en Égypte sous la IVe dynastie, avant de se répandre dans l’iconographie orientale, au IIIe millénaire avant J.-C. Couché ou passant, il appartient à la grande statuaire (sphinx de Gizeh), mais sa présence dans les tombes et sur les amulettes indique d’emblée sa double nature, funéraire et prophylactique.

Figure de la mythologie grecque, représentée comme une femme ailée à corps de lionne. Elle est liée au monde des morts et considérée comme une gardienne de la tombe.  Dans la mythologie grecque, la sphinge est le pendant féminin du sphinx. On la décrit parfois comme « un sphinx à buste de femme », mais cette description incomplète ne reflète pas la féminité intégrale de la sphinge et ne la différencie pas de la figure d’origine égyptienne du sphinx.

Paire de sphinx en faïence 18ème.
(c) Navarro Antiques, Proantic

Les exemples les plus physiques des sphinges ou sphinx, de nos jours, nous apparaissent le plus souvent sous la forme de statues ou de sculptures. Leurs utilisations artistiques remontent à l’antiquité grecque. Les étrusques en ont dépeint beaucoup de représentations, dont la sphinge de Chiusi. Plus proche de notre époque, Auguste Rodin est un des sculpteurs les plus connus à avoir consacré plusieurs œuvres à la figure de la sphinge.

Encrier de bureau Empire.
(c) Loft Antiq, Proantic

La légende

Le (ou la) Sphinx  ou la Sphinge que certains appelaient aussi Phix était la fille de Typhon et d’Échidnéa. Celle-ci hérita de différents caractères provenant de ses parents. Elle avait une queue de dragon comme son père, comme ses soeurs, un corps de lion comme la chimère, et des ailes de harpies. Finalement, une tête et un buste de femme comme sa mère.

Le Sphinx était posté en Béoti, près de Thèbes, pour punir cette cité pour le crime du Roi Laïos, père d’Oedipe. Ce monstre aurait été envoyé par Héra pour punir Laïos, roi de Thèbes, coupable d’avoir enlevé le jeune Chrysippe ou par Hadès (ou Apollon)  pour punir les thébains de leur impiété.

Guéridon de style « retour d’Égypte » .
(c) Galerie Atena

Il arrêtait les voyageurs du désert et leur posait l’énigme suivante… « Quel animal marche sur quatre pattes le matin, sur deux le midi et sur trois le soir ». Il tuait et dévorait quiconque ne pouvait résoudre l’énigme.

Parmi les victimes se trouva le fils de Créon le Régent de la ville de Thèbes. Créon promit en récompense à celui qui débarrasserait la ville de ce monstre, le trône de Thèbes et la main de la reine Jocaste.

Oedipe résolut l’énigme et dit au Sphinx , « Lorsque l’homme est bébé il marche à quatre pattes, quand il a grandi il marche sur ses deux jambes, et devenu vieux il marche avec une canne, la réponse est donc L’Homme ». En entendant cela le Sphinx se jeta du haut de la falaise et s’écrasa au sol. Le Sphinx est un des plus anciens monstres de la mythologie grecque.

Sphinge à tête de femme en terre cuite.
(c) Rodriguez Décoration, Proantic

Histoires de symbolique 

Égypte et Grèce.

Le sphinx, énigme par excellence, est aussi le symbole du symbolisme, car en lui l’esprit s’efforce de sortir de la forme brute, sans y parvenir. Les sphinx sont des statues d’animaux accroupis, dont la partie supérieure se dresse, généralement surmontée d’une tête de femme et quelquefois d’une tête de bœuf (les Grecs y ajoutent parfois des ailes, comme dans le tableau de Gustave Moreau, Oedipe et le sphinx). On les trouve en Egypte en nombre infini, placées par centaines les unes à côté des autres. Elles sont faites d’une pierre très dure, polie, couverte hiéroglyphes. Certaines sont d’une si colossale grandeur que leurs ongles ont la taille d’un homme. Selon Hegel, ce sont des symboles typiques, c’est-à-dire des figures de l’esprit qui s’efforce de s’élever, tout en restant mêlé à des éléments étrangers.

Paire de sphinges
(c) Florin Antiques, proantic

Ils sont énigmatiques, mystérieux, comme tout l’art égyptien. Accumuler des connaissances sur eux, les décrire dans le détail, n’ont pas permis aux savants modernes de percer leur énigme – et d’ailleurs ils étaient probablement aussi énigmatiques pour les Égyptiens eux-mêmes qu’ils le sont pour nous.

Sphinge inspirée de l’art étrusque.
(c) Cabinet des curieux, Proantic

Force et Raison.

Le sphinx est l’union de la force et la férocité extrêmes représentées par le corps du lion ; puis l’intelligence, la réflexion et la prudence représentées par la tête humaine ; alors quand il s’agit de la tête d’un Pharaon, le sphinx dans ce cas là représente un souverain fort et puissant, mais cette puissance est raisonnée par l’intelligence humaine. Le terme « sphinge » est actuellement donné aux sphinx de forme féminine (comme c’est le cas des sphinx ailées féminines de Gouzana en Syrie et de la Grèce) et aux sphinx de forme égyptienne à buste de femme (sphinge du jardin de Tuileries).

Le Sphinx est le symbole de l’initié.

Très peu d’hommes sur terre peuvent revendiquer la qualité d’Initié, et moins encore de Maître de l’Initiation : Neb-maat. Car il faut souvent plusieurs existences, c’est à dire plusieurs réincarnations pour y parvenir. Il est impossible de faire croire à tout le monde qu’on est un Initié, si on n’en est pas un. Car non seulement les vrais Initiés qui possèdent des qualités supérieures, se rendront compte immédiatement de la supercherie. Mais aussi ceux qui ne possèdent pas encore ces qualités finiront par le découvrir, car une loi de la morale cosmique veut que les êtres n’obéissent et ne s’inclinent que devant quelqu’un qui leur est spirituellement supérieur. Ainsi, on ne peut pas abuser indéfiniment de la crédulité des autres… Le sphinx est le symbole de l’homme parvenu à la maîtrise totale de sa nature inférieure. Il permet ainsi à la Nature Divine d’agir librement et puissamment à travers lui.

Paire de sphinx en bronze Empire.
(c) Navarro Antiques, Proantic

Au Moyen-Age, 

le Sphinx était représenté par un lion ailé accroupi à tête et buste féminins. C’était aussi bien le gardien du seuil d’un lieu sacré ou d’une tombe que le symbole de la Connaissance difficile à acquérir.