Les porcelaines à privilège royal

La mode s’en mêlant, à la fin du XVIIIe siècle les plus hauts personnages de la Cour de France voulurent avoir leur fabrique de porcelaine.

Louis XV, sur les conseils de Madame de Pompadour, prend sous sa protection la fabrique de Vincennes et la dénomme «Manufacture Royale », avant de la faire transférer à Sèvres.

Dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle, les monarques, les princes souhaitent apporter leur parrainage à des manufactures porcelainières  : La reine Marie-Antoinette à la Rue Thiroux (manufacture de la Reine), le Comte d’Artois à Limoges, le Comte de Provence à celle de Clignancourt nommée Manufacture de Monsieur (1771),  Le duc d’Angoulême, fils aîné du comte d’Artois, accordera à son tour son patronage à une manufacture située rue de Bondy.

Sèvres. Pot de toilette, pâte tendre 18ème Siècle.
(c) Galerie Arcanes, Proantic

Les  manufactures  ont, en effet, rapidement recherché la protection d’un membre de la famille royale. L’intérêt principal pour les manufactures est de lutter plus efficacement contre le privilège de la manufacture royale de Sèvres, mais également de bénéficier de certains avantages comme la possibilité d’apposer les armoiries illustres au-dessus de la porte ou sur les factures ou encore d’utiliser comme marque un monogramme formé des initiales des protecteurs. Cette protection offre aussi un accroissement de la clientèle, au premier rang de laquelle figure le protecteur lui-même.

Manufacture dite De Monsieur – Paire d’Assiettes – XVIIIe Siècle.
(c) Bils Ceramiques, Proantic
  • En 1740, la Manufacture de Vincennes est fondée, grâce au soutien de Louis XV et de Madame de Pompadour, afin de concurrencer les productions de Chantilly et de Meissen. En 1756, la manufacture est transférée à Sèvres dans un bâtiment construit à l’initiative de Madame de Pompadour, à proximité de son château de Bellevue. La manufacture est rattachée à la Couronne en 1759.

  • Le comte de Provence, celui qu’on nommait « Monsieur » car il était le premier frère du roi Louis XVI (il sera plus tard le roi Louis XVIII), il s’intéressa à la manufacture de Clignancourt. Celle-ci avait été fondée en 1771 par Pierre Deruelle, architecte, dans une propriété située sur le versant nord de Montmartre et achetée à sa belle-mère… Elle est également couramment nommée Manufacture de Monsieur en référence à son illustre protecteur.

Beurrier et son plateau, Manufacture Du Comte d’Artois, Vers 1779-1790.
(c) Galerie Pellat de Villedon, Proantic
  • Le petit-fils de Louis XV, le compte d’Artois, futur Charles X, s’intéressa à l’ancienne manufacture royale de Limoges, située dans son apanage et qui avait été fondée en 1737 ; elle devint en 1773 la « Manufacture du comte d’Artois ». Ce prince protégea également une manufacture parisienne située dans le faubourg Saint-Denis.
Service en céramique de Paris. Manufacture de la reine Marie-Antoinette, rue Thiroux à Paris.
(c) DIDASCALIES AIX-EN-PROVENCE, Proantic
  • Marie-Antoinette, épouse de Louis XVI, patronnait de son côté une fabrique fondée par André Leboeuf  en 1776, située rue Thioux  à la Chaussée d’Antin.. La manufacture de la rue Thiroux nommée manufacture de la Reine livre en 1785 et 1786 des porcelaines à Marie-Antoinette pour Fontainebleau, ses petits appartements aux Tuileries et son château de Trianon.

  • Le duc d’Angoulême, fils aîné du comte d’Artois, accordera à son tour son patronage à une manufacture  fondée par Dihl et Guerhard (1781) située rue de Bondy.