Les objets en laque du japon

En 1542, des navigateurs portugais débarquèrent sur les côtes nippones : ce fut le premier contact du Japon avec l’Occident. Des relations commerciales s’instaurèrent, dans lesquelles le Portugal fut bientôt concurrencé par l’Espagne et les Pays-Bas. Ces derniers, qui surent rester à l’écart des querelles religieuses entre missionnaires, furent seuls autorisés, au côté des Chinois, à commercer avec le Japon après sa fermeture au reste du monde au milieu du XVIIe siècle.

Encrier en laque du japon de la maison Boin Taburet. (c) Antiquités Lamouret, Proantic.
Encrier en laque du japon de la maison Boin Taburet.
(c) Antiquités Lamouret, Proantic.

Dès la deuxième moitié du XVIe siècle, la beauté et l’originalité des laques japonais les firent apprécier des Occidentaux, qui passèrent commande auprès des artisans nippons pour la réalisation d’objets aux formes européennes : lutrins, coffres à couvercle bombé, cabinets, chopes, etc.

Dès lors, la production de laques se divisa en deux catégories, les objets destinés à l’exportation et ceux réalisés pour le marché intérieur (de meilleure qualité). Pour les laques d’exportation fut mis au point un décor spécifique de motifs végétaux et animaliers, en or et incrustations de nacre .

Plateau en laque du japon, XIXème. (c) Antiquités Paul Azzopardi, Proantic.
Plateau en laque du japon, XIXème.
(c) Antiquités Paul Azzopardi, Proantic.

Durant l’époque d’Edo (1615-1868), en raison de la nouvelle organisation de la vie de cour et du transfert de la capitale à Edo (actuelle Tokyo), l’art de la laque se diffusa dans tout le pays. Kyoto et Nagasaki fournissaient les laques d’exportation, tandis que chaque centre était spécialisé dans la production d’un type d’objet destiné au marché intérieur.

Cabinet en laque du Japon, Meiji 19 ème. (c) ANTINA Market, Proantic
Cabinet en laque du Japon, Meiji 19 ème.
(c) ANTINA Market, Proantic

Certains ateliers réalisaient des pièces utilitaires, de la vaisselle principalement; d’autres, les meilleurs, étaient au service des grandes familles de l’aristocratie et travaillaient exclusivement pour elles à la réalisation de pièces exceptionnelles.

L’usage des objets en laque était régi par des lois somptuaires et extrêmement codifié. Seules les élites pouvaient posséder de très belles pièces, qui étaient davantage des objets de prestige que d’usage. Parmi ces pièces somptuaires, citons celles qui composaient les trousseaux de mariage. Leur réalisation demandait parfois dix années de travail à l’atelier qui s’en voyait confier la commande.

Coffre en laque du Japon, XIXème. (c) Galerie Etienne Thuriet, Proantic.
Coffre en laque du Japon, XIXème.
(c) Galerie Etienne Thuriet, Proantic.

Les princesses des grandes familles faisaient, à l’occasion de leur mariage, le voyage jusqu’à la capitale shogunale, accompagnées d’un cortège qui leur donnait l’occasion de déployer leur somptueux trousseau. Il comportait de nombreux coffres, remplis de multiples objets (parfois plusieurs centaines) pour tous les usages: jeux de société, nécessaires à encens, cabinets de toilette, nécessaires à écrire, étagères à livres, porte vêtements, vaisselle, nécessaires à fumer… tous objets plus richement décorés les uns que les autres, et répondant chacun à un usage très précis. En réalité ils n’étaient que peu, voire pas utilisés, étant plutôt conçus pour être des objets d’apparat.

Boite En Laque Du Japon, 19ème Siècle. (c)DESARNAUD, Proantic
Boite En Laque Du Japon, 19ème Siècle.
(c)DESARNAUD, Proantic

Après un premier traité franco-japonais en 1858 et la participation du Japon à l’Exposition Universelle de Paris en 1867, la chute du système féodal et le début de l’ère Meiji en 1868 entérinèrent l’ouverture du Japon au monde extérieur.

(extrait Les laques du Japon par Véronique Cieslik, , diplômée de l’Ecole du Louvre)

 

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