Masséot Abaquesne. L’éclat de la faïence à la Renaissance

Le musée national de la Renaissance, en partenariat avec le musée des Beaux-arts et de la Céramique de Rouen, organise en 2016 une exposition sur le faïencier rouennais Masséot Abaquesne.

Cette exposition, première grande rétrospective consacrée au faïencier rouennais Masséot Abaquesne, est organisée par deux institutions dont les collections sont liées historiquement à la production de cet artiste.

Histoire de Noé, la construction de l’Arche, Masséot Abaquesne, Rouen, vers 1550, faîence © RMN-Grand Palais (musée de la Renaissance, château d'Écouen) /René-Gabriel Ojéda
Histoire de Noé, la construction de l’Arche, Masséot Abaquesne, Rouen, vers 1550, faîence
© RMN-Grand Palais (musée de la Renaissance, château d’Écouen) /René-Gabriel Ojéda

Abaquesne actif à Rouen dès 1526 noue dans la cité normande des relations familiales et commerciales dont les archives gardent trace. En 1542, il reçoit une commande prestigieuse : un premier pavement pour le château d’Écouen, demeure du connétable Anne de Montmorency, proche de François Ier. Trois ans plus tard, son atelier produit plus de 4000 pièces de forme pour l’apothicaire rouennais Pierre Dubosc. En 1557, il livre à Claude d’Urfé, gouverneur du dauphin et des enfants de France, les pavements de sa chapelle située dans la Loire. Il décède avant 1564, date à laquelle sa femme Marion Durand, dénommée « veuve », signe un acte pour honorer une commande de feu son mari.

Masséot Abaquesne Deuxième pavement pour le château d’Ecouen, 1547 Ecouen, Musée de la Renaissance Photo : RMNGP
Masséot Abaquesne
Deuxième pavement pour le château d’Ecouen, 1547
Ecouen, Musée de la Renaissance
Photo : RMNGP

3 grandes sections seront présentées:

    • Les premières années (1526-1545), avec notamment la mise en valeur du premier pavement d’Ecouen.

La première partie de l’exposition s’attache à décrire le contexte de la production de faïence au temps de la formation de Masséot Abaquesne. La production des ateliers de faïences italiennes et anversoises est mise en perspective avec les premières œuvres de Masséot Abaquesne pour le connétable Anne de Montmorency, son pavement pour le château d’Écouen ainsi que les panneaux historiés illustrant Mucius Scaevola et Marcus Curtius, conservés au musée Condé.
Assurant la transition avec la section suivante, un espace de médiation sera dévolu à la technique de fabrication des carreaux (questions du moulage, de l’émail stannifère, des marques de pose, de la cuisson, etc.)

Gourde armoriée de l'Abbé de Lisieux, vers 1545, faîence © RMN-Grand Palais (Sèvres, Cité de la céramique) / Jean-Claude Routhier
Gourde armoriée de l’Abbé de Lisieux, vers 1545,
faîence
© RMN-Grand Palais (Sèvres, Cité de la
céramique) / Jean-Claude Routhier

La production d’Abaquesne, pavements et pièces de forme, sera replacée dans le contexte plus large de la faïence de son temps. Les similitudes entre ses œuvres et celles produites à Anvers seront mises en lumière pour tenter de répondre à la question, non encore élucidée, de sa formation : anversoise ou italienne ? directe ou au contact d’artistes étrangers installés en France ? Les pavements livrés par Masséot pour le château d’Écouen seront mis à l’honneur tout comme ceux de la Bâtie d’Urfé. Un rassemblement sans précédent de pièces d’apothicairerie témoignera de l’importance de la production issue de son atelier. Enfin, il sera possible de comparer des œuvres longtemps attribuées, à tort, à Abaquesne, avec des productions attestées et d’en apprécier, d’un coup d’œil, les divergences tant formelles que stylistiques.

Masséot Abaquesne. L'éclat de la faïence à la Renaissance

    • Apogée de la production, les années 1540-1550, avec notamment le second pavement d’Ecouen et les panneaux historiés

La confrontation de ces ensembles témoigne des progrès accomplis par l’atelier d’Abaquesne dans la maîtrise de la technique de la peinture sur émail. Les emprunts constants au répertoire décoratif contemporain (Jacques Androuet du Cerceau, Sebastiano Serlio, etc.) ancrent ces œuvres dans le milieu du XVIème siècle.

Pour répondre à une commande d’un certain Pierre Dubosc, l’atelier de Masséot Abaquesne produit en 1544 plus de 4 000 pots d’apothicairerie, chevrettes et albarelli, dont environ 70 exemplaires seraient conservés. C’est l’occasion pour le faïencier de développer tout un répertoire de portraits de fantaisie et de motifs végétaux inspirés des modèles anversois. Dans cet atelier se singularise par ailleurs Laurent Abaquesne, fils de Masséot, dont quelques pièces signées par lui seront présentées.

Chevrettes, atelier de Guido Andries, Anvers, v. 1520 (musée royaux d'Art et d'Histoire, Bruxelles) et atelier de Franchois Frans, Anvers, v. 1550 (Museum aan de Stroom, Anvers) JC
Chevrettes, atelier de Guido Andries, Anvers, v. 1520 (musée royaux d’Art et d’Histoire, Bruxelles) et atelier de Franchois Frans, Anvers, v. 1550 (Museum aan de Stroom, Anvers) JC
  • Enfin une section sera consacrée aux recherches et nouvelles attributions : Les pavements de faïence en France au XVIe siècle

Après une courte évocation de la production de carreaux à glaçure plombifère, la dernière section de l’exposition aborde la question des autres pavements de faïence contemporains de l’atelier d’Abaquesne et de leurs attributions.

Chevrette, avec portrait d'homme chauve,Monogramme MAb, v. 1545 Musée national de la Renaissance, château d'Ecouen
Chevrette, avec portrait d’homme chauve,Monogramme MAb, v. 1545 Musée national de la Renaissance, château d’Ecouen

En soulignant les différences techniques et stylistiques, les pavements du château de Polisy, de la chapelle de Langres ou du Logis du Roi au Havre pourront être exclus du corpus des productions de Masséot Abaquesne alors qu’ils lui étaient systématiquement donnés par le passé.

En savoir plus:

Masséot Abaquesne. L’éclat de la faïence à la Renaissance

  • 3 octobre 2016

http://musee-renaissance.fr/

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