Le marbre Grand Antique

Appelé « Grand Deuil » au XIXè siècle, Le grand antique était le matériau préféré par Jacques-Emile Ruhlmann pour la création de ses cheminées et est considéré comme le marbre le plus prestigieux des Pyrénées françaises.

Le marbre GRAND ANTIQUE d’AUBERT  est extrait de la vallée du fleuve Lez à Aubert, au sud-est de Saint-Girons, dans le département de l’Ariège. Ce marbre prestigieux est noir et blanc; ses tonalités créent un contraste très net, qui n’est présent dans aucun autre marbre aux mêmes couleurs. La formation de cette brèche tectonique, composée de brèches de calcaire noir et calcite couleur blanche est vraisemblablement fin crétacé, suite au plissement de la zone nord-pyrénéenne d’il y a 65 millions d’ans environ.

Carrière de marbre d’Aubert dont est extrait le marbre Grand Antique

Les premiers travaux dans la carrière sont datés de l’époque romaine. Les romains exportèrent ce matériau, qu’ils appelaient « marmor celticum », en grandes quantités à Rome et à Constantinople. Plus tard, durant l’époque byzantine, il fut très utilisé pour la décoration du plus grand chef-d’œuvre de l’architecture de l’époque: l’Hagia Sophia d’Istanbul.

Après cette période de grande activité, la carrière fut abandonnée et les blocs furent employés pour la décoration de la Basilique de Saint-Pierre, de Sainte-Marie Majeure, de la Basilique de Sainte-Cécile à Rome et de la Basilique de Saint-Marc à Venise.

Paire de vases en marbre grand antique. XIXème.
(c) galerie des Minimes, Proantic.

Ce marbre très décoratif est surtout utilisé pour les colonnes, les revêtements de mur et d’autres décors architecturaux, des cheminées, plateaux de tables et pour la pietra dura.

La carrière fut rouverte du XIXe siècle jusqu’à la première moitié du XXe siècle. Ensuite elle fut fermée définitivement et le silence qui y régnait lui a valu le nom de « Trouc de Desmembreri » ou « Trou de l’oubli », comme l’appelèrent les habitants du lieu

Les Invalides – Tombeau de Joseph Napoléon en marbre Grand Antique

Durant cette période le Grand Antique est alors très utilisé en France et exporté dans le reste du monde. A l’église Saint-Louis-les-Invalides, à Paris, les piliers entourant l’autel de la chapelle sont des colonnes torsadées réalisées en Grand Antique. La tombe de Joseph Napoléon Bonaparte, au même endroit, est également réalisée dans ce marbre. La grande table due la Grande Poste du Capitole de Toulouse, aujourd’hui conservée au Musée de Bagnères de Bigorre fut réalisée dans le marbre Grand Antique.

Piédestaux du Salon de Diane au Château de Versailles en marbre Grand Antique.

La base de la statue de saint Pierre dans la Cathédrale de Westminster, à Londres, est en Grand Antique. Les colonnes de la cathédrale de Tarbes sont également réalisées en Grand Antique, tout comme les quatre piédestaux du Salon de Diane au Château de Versailles. Enfin, nous pouvons nommer les trois fûts de colonnes, dans les thermes du musée de Cluny, à Paris, qui sont réalisés dans ce même marbre.

Le « Trou de l’Oubli » rempli d’eau a été redécouvert par Giorgio en 2012 et l’exploitation a repris depuis 2014, après 70 ans d’inactivité par la société Escamavar, société italienne basée dans la région de Carrare qui a acquis le droit exclusif sur l’extraction de blocs de marbre GRAND ANTIQUE.