Le Luxe dans l’antiquité. Trésors de la Bibliothèque nationale de France

À la suite d’une restauration méticuleuse de quatre années, conduite par les chercheurs de la Villa Getty, à Los Angeles, une exposition, « Roman luxury », permet pour la première fois de découvrir le trésor de Berthouville dans son ensemble, accompagné de gemmes, camées, bijoux et autres objets antiques de grand luxe ayant appartenu aux collections royales du Cabinet des médailles de la Bibliothèque nationale de France.

Après son itinérance américaine (Los Angeles, San Francisco, Kansas City, Houston), l’exposition est présentée en 2017 à Arles, dans le cadre d’un partenariat signé entre la Bibliothèque nationale de France (Cabinet des médailles) et le conseil général des Bouches-du-Rhône (musée départemental Arles antique). À la suite de cette unique présentation en France, le trésor et les autres objets seront mis en valeur de manière définitive dans les salles rénovées du musée de la Bibliothèque.

En 1830, un fermier normand va, au cours d’un labour, mettre au jour fortuitement un des plus spectaculaire trésor d’argent jamais trouvé pour l’époque romaine. Ce ne sont pas moins de 128 objets de la plus grande valeur qui sortent de terre, statuettes de dieux, bols ou cruches décorés de scènes mythologiques, plats, à l’origine dédiés au dieu Mercure. Le sanctuaire portait le nom de Canetonum et dépendait de la cité des Lexoviens. L’enfouissement du trésor fut au départ attribué à des troubles ou à la menace d’invasion, mais on retient plutôt désormais l’hypothèse d’une cache simple. La plus grande partie du trésor est datable du IIe siècle mais neuf des pièces, parmi les plus belles, ont été dédiées par un certain Quintus Domitius Tutus et se rattachent au Ier siècle. Une partie des objets est de style gallo-romain, les autres sont l’œuvre d’un atelier italo-grec.

Cet ensemble, connu sous le nom de « Trésor de Berthouville », va être acheté peu après sa découverte par la Bibliothèque Nationale de France pour le montant assez modeste de 15 000 francs et est désormais conservé au Cabinet des monnaies, médailles et antiques.

Musée départemental Arles antique et Lucien Rivet, chargé de recherche au CNRS.

 Editions: Snoeck