Le studiolo de la Maison Renaissance

Construite entre 1540 et 1550, cette maison est le plus bel exemple de l’architecture civile langroise de la Renaissance. Elle se compose de deux bâtiments, l’un sur rue, l’autre sur jardin, reliés par un couloir latéral. Organisé en empilement vertical, selon les fonctions des différents niveaux, cet immeuble comprend de bas en haut, une cave, un sous-sol et deux niveaux d’habitation.

 

Côté jardin, la façade présente une composition géométrique simple : deux niveaux de colonnes ioniques et corinthiennes se superposent. Fortement marquées par des corniches, les horizontales viennent rompre la verticalité des colonnes et des fenêtres à meneaux.

Appartenant à la renaissance classique, cette maison bourgeoise est par son décor, directement héritière de l’antiquité : frises avec motifs de draperies reliées par des anneaux et des bucranes, recherche du naturalisme avec grappes de fruits, palmettes et « choux bourguignons »…

Le studiolo de la Maison Renaissance

Depuis la cour, close par une balustrade en pierre, une porte permettait d’accéder directement à la salle des communs ou services, à semi enterrée. Voûtée d’arcs surbaissés, les cuisines conservent une grande cheminée et des espaces réservés au stockage des aliments. Dans la cour, les domestiques puisaient l’eau de pluie, récoltée dans l’élégante citerne couverte d’un petit dôme.

Sur le côté de la façade, une porte en plein cintre ouvre sur un couloir qui traverse la maison pour relier la rue Cardinal Morlot, principal axe commerçant de la cité au XVIe siècle. Ce long couloir dessert les salles du rez-de-chaussée avec l’ancienne salle de réception, une petite cour intérieure, ainsi que l’escalier en vis qui distribue les étages et les sous-sols. Depuis les cuisines, on accède ensuite au niveau de caves plus anciennes. Datées du XIV ou XVe siècle et couvertes sur voûtes d’arêtes, elles présentent des chapiteaux sculptés à motifs végétaux, animaux ou humain, un puits…

Le studiolo  de la Maison Renaissance

« Écuyer, lieutenant pour le roi à la garde des clefs de la ville de Langres », Claude Bégat était au milieu du XVIe siècle le propriétaire d’une demeure de l’actuelle rue du Cardinal Morlot à Langres. Riche percepteur d’impôts, il se fait aménager au rez-de-chaussée de son hôtel particulier un cabinet de travail.

Ce studiolo (cabinet de travail ou d’étude) est un chef-d’œuvre de l’architecture de la Renaissance, considéré comme l’un des plus beaux de France par la richesse de son décor sculpté.  Ces petites salles, somptueusement décorées, étaient présentes aux XVe et XVIe siècles dans certaines demeures aristocratiques. Que ce soit en Italie (Studiolo d’Isabelle d’Este au palais ducal de Mantoue, studiolo de Cosme Ier de Médicis au palazzio Vecchio de Florence) ou en France (studiolo de François Ier au château de Chambord, studiolo du château de Tanlay).

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